jeudi 10 février 2011

Grafika: rumeurs et effet de clique


Lors d’un précédent post sur un média social quelconque, nous exprimions la frustration de certains designers face aux prix Grafika, certains n’hésitant pas à déclarer que "ces prix étaient peut-être les moins intègres au Québec, puisqu’on avait toujours l'impression que le jury avait couché ou mangé la veille avec les récipiendaires. Notre poste avait donné lieu à des réactions très tranchées entre ceux qui pensent que ce concours est un gala servant à récompenser les intimes (“C'est souvent la même clique qui gagne à chaque fois”) et les autres convaincus de la valeur et de l’intégrité de l’institution.

Notre ami J.F Proulx était venu relativiser ces propos en rappelant justement que ce mythe de la clique, n’était pas nouveau au Québec, surtout dans les domaines créatifs et pouvait s’appliquer à la moitié des concours/ galas de la province. Rien de plus juste, en effet, en quoi les prix Grafika seraient-ils pires que ceux de l’ADISQ ou des Oliviers ? J.F Proulx soulignait avec raison que cette idée de coucher ou manger la veille, était ridicule, “les directeurs de création de studios (concurrents) se connaissent, mais ils ont autre chose à faire que de sortir tous ensemble pour écouter la game et se rouler des pelles pendant les tirs de barrage.”

Grafika est un gala d'industrie dont le but est de récompenser les talents et les meilleurs projets. Le jury est composé de gens importants provenant de ladite industrie ce qui en garantit sa crédibilité. Le problème de tous les galas tient justement à ce désir de crédibilité : en regroupant des “professionnels" établis, les galas accentuent l’effet de clique.

L’autre problème des galas est inhérent à son mandat qui est de récompenser les meilleurs projets et les meilleurs talents. Cette exigence se heurte toutefois aux inégalités dans la puissance de diffusion entre les clients. En d’autres termes, la meilleure affiche même si elle est la meilleure ne pourra jamais se faire voir par le jury si elle n’a eu aucune diffusion. Dans ce contexte, les agences qui auront travaillé avec un gros client avec un budget de publicité conséquent auront plus de chance de rentrer dans le radar du jury, et ce, même si leur projet est moins bon que celui d’un jeune designer de l’UQAM par exemple.

Enfin rappelait JF Proulx, la production de contenu de qualité est aussi une question de volume. Par année, rappelait-il, un designer sort un ou deux bons projets alors qu’un gros studio, avec une équipe de 10 ou 50 employés en pondra 10 voir 50 fois plus. « Mettez tout ça dans une boite et pigez le meilleur... ça laisse peu de chances aux indépendants (qui souvent, ne participent pas, faute d’argent). Ajoutez à cela le fait que les projets d'envergure vont généralement aux studios connus...’

Voilà pourquoi on a toujours l’impression que c’est les toujours les mêmes qui gagnent, toujours la même clique. Mais reste cependant un détail qui concerne l’organisation même du vote, du dépôt du dossier et des fuites. Le jury est-il vraiment hermétique, les résultats sont-ils gardés secrets jusqu’au bout? 

Plusieurs sources nous ont révéllé que les probables gagnants du grand prix 2011 seront l’agence Baillat Cardel et fils. Si nos fuites sont confirmées ce soir, il sera permis d’en douter…




1 commentaire:

Jean-Francois Proulx a dit…

Le plus important dans tout ça, c'est qu'un libellé porte maintenant mon nom sur AACAF.