jeudi 14 octobre 2010

CARNET D'ISLANDE (1)

Je suis en Islande pour une semaine venu assister au Airwaves Festival, un festival de musique qui ressemble un peu à notre POP MONTREAL, mais en plus intime et concentré. J’y suis avec, entre autres, les groupes montréalais POLIPE et THINK ABOUT LIFE. J’y reviendrai au cours de la semaine.

Je n’ai encore pas assisté à un seul concert puisque je viens à peine de descendre de l’avion, mais déjà j’ai le gros orteil dans la culture d’ici et je ne peux m’empêcher d’établir certains comparatifs entre Reykjavik et Montréal.

Soit, Reykjavik assume sa position de ville nordique, ce que nous, Montréalais, n’assumons pas totalement. Ici, l’hiver, il fait noir 24 heures sur 24. Et l’été, c’est le contraire. Les Islandais, comme les Québécois, sont donc nés bi-polaires: dépressifs l’hiver, sur-excités l’été. À la différence que la ville offre certains accommodements pour rendre la vie hivernale un peu plus “raisonnable”. Par exemple, on retrouve des bains thermiques à plusieurs endroits stratégiques de la ville. Les bains thermiques, c’est le passe-temps préféré des Islandais. On finit de travailler, et hop dans le bain avant le souper. Et dire qu’ici, la température ne descend pas vraiment en bas de -10 ou -15 degrés l’hiver, rien à voir avec les -30 de Montréal. Espérons qu’après avoir réussi à installer la climatisation dans le métro, Projet Montréal s’attaquera à installer des bains thermiques dans le Parc Lafontaine, au Parc Laurier et au Parc Jeanne-Mance. Je vois déjà ce que le l’organisation des Picniks Électroniques pourraient faire pour nous aider à se remettre de la fin de semaine, les dimanches après-midi de février.

Parlant politique, Reykjavik a sûrement le maire le plus cool de la planète: Jon Gnarr. Monsieur Gnarr est le leader du “Best Party”, le “Meilleur Parti” qui a remporté plus de 30% des voix aux dernières élections municipales. C’est un peu le parti Rhinocéros de Reykjavik: on sait jamais s’il blague ou s’il est sérieux. Voyez, ici aussi les Islandais sont un peu comme les Québécois: désillusionnés face à leurs élites politiques qui ne font qu’aider leurs amis les oligarques à s’en mettre plein les poches. Ils l’ont mangé dans la face l’an dernier; leur système bancaire est pratiquement tombé en faillite et le gouvernement a dû racheté les banques, conséquence d’une décennie de politique économique néolibérale et de bulle immobilière jamais contrôlée. En ce moment, (ben pas ce matin) il y a des manifs contre le gouvernement. Pour vous donner une idée, un dollar canadien valait 50 couronnes islandaises en 2007. Il en vaut maintenant 120. C’est donc plus de la moitié de leur pouvoir d’achat qu’on perdu les islandais. Cyniques face aux quatre partis politiques établis, ils ont élu Jon et sa bande de comédiens anti-establishment. On peut interpréter ça comme un méchant “Fuck You” aux élites.



Jon est donc un Monsieur vraiment sympathique, qui n’hésite pas à se mêler aux jeunes plutôt que de leur faire la morale sur leurs comportements nocturnes. C’est lui qui s’est habillé en travelo à la dernière Gay Pride. Luc Ferrandez, non, on ne s’attend pas à ce que vous en fassiez autant.

On a beaucoup à apprendre des Islandais. Plus tard cette fin de semaine, j’essaierai de mettre en ligne un petit vidéo de ce qu’a l’air le centre de la ville à 4h du matin un vendredi soir. On m’a dit que c’était épique, qu’il y avait des jeunes partout, que ça gueulait, faisait du bruit, et s’amusait bien. C’est qu’ici, comme presque partout ailleurs en Europe, les bars ferment autour de 5 ou 6 heures du matin...

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