lundi 20 septembre 2010

Lady Plagiat: la vraie histoire de la robe de viande

Mr. Fernandez, artiste de Los Angeles raconte qu’il s’est procuré 50 livres de bœuf dans la boucherie familiale. La confection de la robe a ensuite pris deux jours de travail avant d’être réfrigérée et transportée, dans un caisson, vers le Nokia Theatre de Los Angeles.

Le soir du 12 septembre, Lady gaga enfilait la robe de viande et créait, une fois n’est pas coutume la sensation chez les fans « Quelle idée géniale ! C’est tout à fait nouveau, c’est un commentaire sur la marchandisation du corps delà femme » et ses détracteurs « Lady Gaga thinks she’s clever because she has a dress made of meat. Well, I have a whole BODY made of meat.” Woin.


crédit photo (1)

Au milieu de ces billevesées, peu ont été les critiques (existent-ils encore dans ce milieu) à faire remarquer que cette œuvre d’art était tout simplement un plagiat de l’artiste canadienne Jana Sterbak qui en avait eu l’idée seulement 23 ans plus tôt.

La pièce Vanitas : Flesh dress for an albino Anorectic (1987), composée elle aussi de 50 livres de steak a été exposé notamment à la galerie nationale du Canada en 1991, et provoqua naturellement un petit scandale. Les critiques d’art et les spectateurs ont vu dans l’œuvre une vanité et une réflexion sur la représentation de la femme dans la pop culture.

Hans Holbein, Les ambassadeurs, 1533

Les vanités sont des œuvres hautement allégoriques où les objets représentés ont valeur de symboles et servent à mettre en évidence la fugacité de la vie. Les vanités de l’époque baroque (Georges de La Tour, Hans Holbein) contiennent souvent des crânes qui rappellent la mort, des bougies et des sabliers qui symbolisent l’écoulement inexorable du temps, des miroirs qui dévoilent le caractère éphémère de la beauté et des richesses qui rappellent la fragilité des plaisirs matériels.


Dans les vanités contemporaines, comme chez Damien Hirst, c’est souvent le corps, et la chair qui remplace les objets allégoriques. Mais alors que Hirst conserve les corps dans du formol, Sterbak laisse la viande pourrir et se décomposer. “…Vanitas could also be about the way time changes our perception of works. On the day of the opening when the dress is exhibited the flesh is raw. Then the meat dries and starts to look like leather. Then every thing is better, it becomes acceptable. This is also true for artist. Some curators prefer to work with dead artists because they’ re less troublesome” (2)

Et le commentaire de Gaga sur sa robe, quel est-il ?




(1)Photos, from left: Lady Gaga at Sunday's VMA Awards; and Jana Sterbak's "Vanitas: Flesh Dress for an Albino Anorexic," 1987. Credits: Kevin Winter / Getty Images; Philippe Migeat, Centre Pompidou © Jana Sterbak

(2)
Jana Sterbuk in Catherine Francbln, Jana Sterbuk, La condition d’animal human ( interview) Art press, n 329, Décembre 2006

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Je suis entièrement d'accord avec vous, c'est du plagiat et cette artiste ne sait plus quoi faire pour "choquer" la foule.
Et une robe en steak alors que des mômes crèvent de faim partout dans le monde!!

Décidément la connerie va loin!

Anonyme a dit…

Je suis d'accord, les réactions des gens du genre:"T'as vu elle porte une robe en viande" (dit avec un air admirateur) m'exaspèrent. Décidément, pas beaucoup de monde au musée mais devant leur poste télé ou internet, ça oui! Cependant, étant étudiante en arts, je me pose la question sur la visibilité des oeuvres: maintenant lorsque l'on va parler de robe en viande les gens vont l'associer directement à lady gaga! Faut-il donc pour donner de la présence à nos oeuvres, pour communiquer leurs messages, passer par le média people?