lundi 12 juillet 2010

Videocracy


Videocracy est surement un des documentaires les plus fort et intelligent de ces dernières années, celui qui raconte la longue chute de la télévision italienne dans la vulgarité et la bassesse et par la même celle de la culture italienne.

Tout commence avec une idée originale sur la télévision milanaise : un télécrochet ordinaire où des individus lambda appellent pour répondre à une question posée par un présentateur à moustache. Rien d’original pour le moment, sauf qu’à chaque mauvaise réponse du public, les concepteurs de ce jeu ont eu la bonne idée de demander à une femme d’enlever une pièce de vêtement.

Cette idée scabreuse, une idée qui mêle déjà un présentateur masculin habillé et une femme dévêtue marque l’acte fondateur de la télé poubelle italienne, une télé qui resservira ad vitam eternam le même concept à ses téléspectateurs.

À la tête de cette télévision l’entrepreneur en bâtiment Silvio Berlusconi, déjà surnommé il Cavaliere. En moins de 20 ans, celui-ci va créer un empire qui avalera tout ce qui existe de médiatique en Italie (télévision, radio, journaux), pour finalement détenir le quasi-monopole de la télévision dans les années 90.

Le documentaire du réalisateur italo-suédois Erik Gandini (le film est une production suédoise) montre que cette monopolisation de la télévision italienne va de pair avec une désinformation croissante du peuple italien certes ( 80 % des Italiens affirment que la télévision est leur seule source d’information) mais aussi et surtout avec une « déculturation » croissante. En effet la télévision italienne n’est que show-business, star-system, télé-réalité, paparazzi et velines, ces filles légèrement vêtues qui servent de décor sur les plateaux.

En suivant, avec un œil et un cynisme sans borne, Lele Mora, le plus grand agent de star italien admirateur de Mussolini, le paparazzi égocentrique et frustré Fabrizio Corona et quelques jeunes dupes trop pleins d’ambitions, Erik Gandini réalise une œuvre fascinante et pathétique. Comment avons-nous pu tomber si bas aurait pu être le sous-titre… En effet, en 2010 le pays est classé 77e pour la liberté de la presse et 84e en ce qui concerne l’égalité des sexes.




Le torrent du film pour téléchargement ici