mercredi 16 juin 2010

Engagez-vous qu'ils disaient


Il y a quelques mois, Hugo Dumas avait créer une micro tempête de le bénitier médiatique québécois en apostrophant le groupe Loco Locass. Avec raison, le chroniqueur de la presse se demandait comment un groupe aussi politisé et donneur de leçons pouvait bien, le même soir, participer au spectacle-bénéfice des lock-outés du Journal de Montréal au cabaret La Tulipe et interpréter la chanson thème de l'émission La Série Québec-Montréal sur TVA (Rappelons pour les non initiés que le journal de Montréal et TVA appartiennent au même groupe Quebecor dirigé par Pierre KArl Peladeau). Lire l'article ici.

Comme le dit le chef de la pègre dans Un Prophète de Jacques Audiard, le grand écart c'est pas bon pour les couilles; en effet et c'est pas bon pour la réputation non plus, même si c'est bon pour le portefeuille. La virulence de la réaction de Biz (ici), chanteur de Loco Locass, a montré à quel point le sujet était tabou. En effet, cela est triste, mais la taille du marché québécois ne permet guère d'être rebelle et solidaire, il faut gagner sa vie et manger un peu à tous les râteliers, et ceux de Péladeau sont bien remplis. Biz s,en est sorti par une pirouette en disant que Québécor était une compagnie francophone et québécoise et qu'il fallait défendre notre identité, etc, etc... (son de vuvuzela)

Un autre exemple? la participation des Cowboys Fringants le 24 juin 2010 au Mondial Choral Loto-Quebec. Loto-Quebec vraiment? Pourtant si on s'arrête un peu sur les textes du groupes on peut trouver ce passage éclairant sur ce que ces derniers pensent de l'institution dans leur chanson la plus connue: En Berne...

"Prendrais-tu un p'tit gratteux?"
Me dit l'caissier au dépanneur
"Enweye le gros, sors ton p'tit deux
Être millionnaire c'est le bonheur"
Y's'met à rêver le samedi
Qu'y va p't'être quitter son taudis
Espère toujours maudit moron
T'as une chance sur quatorze millions

Dans l'stationnement du casino
Un gars s'tire une balle dans la tête
Ayant tout "flobé" son magot
Y'avait pu trop l'coeur à la fête
Mais l'gouvernement s'en balance
Y's'nourrit à même les gamblers
En exploitant leur dépendance
Un peu comme le f'rait un pusher

Si c'est ça l'Québec moderne
Ben moi j'mets mon drapeau en berne
Et j'emmerde tous les bouffons qui nous gouvernent!
Si tu rêves d'avoir un pays
Ben moi j'te dis qu't'es mal parti
T'as ben plus de chances de gagner à' loterie...

L'état se nourrit à même les gamblers et Les Cowboys à même ceux qui se nourrissent des gamblers. Cela signifie t-il que les cowboys profitent de l'argent et de la détresse des gamblers?

Engagez-vous qu'ils disaient...

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Ça ne les a pas empêché de la chanté !

Le Mercenaire a dit…

Certaines personnes ont lancé des tomates à Coeur de pirate pour avoir écrit et joué une chanson pour Coca-Cola. J'avoue que j'ai pas trop compris pourquoi. Y'a rien de mal à ce qu'un artiste fasse des sous avec son art, surtout si ce dernier est plutôt détaché de tout discours politique.
Comme vous l'avez soulevé avec l'exemple de Biz et des Cowboys fringants, ce qui agace le plus, ce n'est pas tant que les artistes fassent une (bonne) piasse avec leurs tounes, mais plutôt qu'ils n'aient pas le courage de leurs convictions, qu'ils ne prêchent pas par l'exemple. Ce qui s'égratigne, c'est leur crédibilité d'artistes «engagés».