mardi 27 avril 2010

Le bien contre le mal au gala Artis


On se demande toujours à quoi servent les galas, pourquoi les acteurs de la télé, du théâtre, de la chanson, ou du cinéma se déplacent-ils dans des évènements ennuyeux où les prix sauf dans de très rares occasions sont sans importances et sans signification .


Le Gala Artis, qui réunit les artistes du domaine télévisuel, fait partie de ces galas inutiles et ronflants où le petit monde du petit écran québécois vient se regarder le nombril et se faire rêver en déployant même un tapis rouge… Pour commentaire, on dira simplement que quand on voit l’équipe de Bombe télé comme média invité sur le tapis rouge, on peut se faire une idée de l’envergure de l’événement.

Pourquoi se déplacer jusque-là alors ? Pour rire des blagues des grandes gueules ? Ils n’en ont pas besoin, ils se font rire eux même. Pour recevoir une récompense de la part de ses pairs ? Non plus, puisqu’ici, ce n’est pas les pairs, comme dans les oscars ou la palme d’or qui choisissent les promus, mais le souverain public.

On se déplace alors peut-être pour ça, par respect pour son public, son gagne-pain qu’on adore et qu’on n’oublie pas de remercier chaleureusement puisque sans lui on ne serait rien. Mais encore là, il y a problème, car dans le cas du gala Artis, le débat sur l’intégrité des votants refait toujours surface. En effet, jusqu'à l’année dernière, tout le monde (excepté les employées de TVA) critiquait le système de votation puisque le public devait alors voter dans les restaurants Tim Hortons ou par un bulletin à découper dans le Journal de Montréal ou le Journal de Québec, quotidiens appartenant à l'empire Quebecor…

On critiquait, on critiquait, mais on y allait quand même, au cas ou, par chance on puisse satisfaire notre envie primaire de recevoir un cadeau, un bon point, une image, quelques gentils mots des pairs qui « adorent ! » ce qu’on fait. L’humain et comme ça, il aime être flatté et recevoir des signes de gratitude, et l’animateur télé illustre la quintessence de cette quête de reconnaissance.

Ce dimanche, pour la première fois, les vainqueurs étaient élus grâce à un grand sondage national réalisé sur 6 000 répondants, tout était chamboulé, tous les espoirs étaient permis, et le suspense était donc logiquement à son comble… On n’a pas été déçu, à en croire les quelques amphibiens qui twittaient l’évènement, on a eu droit, ce dimanche, à un très beau gala. (Amphibien, le mot est peu être mal choisi, car le gala, ce petit monde huit clos, ou la courbette et l’hypocrisie règne est plutôt un royaume d’invertébrés). Pour les journalistes, un peu plus éveillés, ce gala « ne passera pas à l’histoire à cause de ses longueurs, ses numéros qui ont souvent perdu le téléspectateur et dérouté les artistes présents dans la salle. À trop vouloir oser, on perd ». (Michelle Coudé-Lord)

À entendre tous ces commentaires émanant des réseaux sociaux et d’ailleurs on pouvait comprendre que le gala avait été réussi pour une seule et unique raison : Véronique Cloutier avait gagné contre Julie Snyder dans la catégorie la plus pertinente qui soit : « personnalité féminine de l’année ». Cela a permis de faire une très belle photo, puisque Véro était réuni à son ancien amant Patrick Huard qui a été sacré, personnalité masculine de l’année pour un rôle comique de chauffeur de taxi. Personne ne s’est posé les 2 questions qui s’imposaient : mais pourquoi au juste a-t-elle reçu cette distinction alors qu’elle n’a pas fait un show de l’année mis à part son émission de radio à Rythme FM (elle a été en ceinte en 2009) et enfin que signifie cette catégorie au juste ?

Je ne suis pas pro Julie, mais il faut tout de même avouer qu’avec son émission faite par, avec et pour des mongoliens, elle a plus fait parler d’elle que Véro… Et puis lors de l’annonce des résultats, quand son nom est sorti du chapeau, Véro a pris son air étonné… « Non, ce n’est pas vrai , Moi ? » On l’aime bien Véro, alors on ne dira pas qu’elle est de mauvaise foi, mais elle devait bien se douter qu’elle avait de fortes chances de gagner sur un prix dont personne ne comprend bien le sens et où le public interprète la question « quelle est selon vous la personnalité de l’année » par « « quelle est votre animatrice préférée» ?

Pourquoi ? Parce qu’après l’échec de son talk-show hebdomadaire à Radio-Canada en 2006, Véro avait commandé un sondage pour savoir où en était sa cote de popularité auprès du public québécois. “Deux grandes questions me tracassaient. J'étais numéro un à la radio, mais mon talk-show ne marchait pas. Je voulais comprendre pourquoi. À la suite des événements dans ma famille, je voulais savoir les traces que ça avait laissées» avait-elle confié au Soleil.
En septembre 2009, Infopresse révélait les résultats d'une étude menée par Ipsos Descarie mesurant la notoriété et le niveau d'appréciation (indice ID) de Véro. Véro obtenait des résultats très favorables, dont un indice ID de 6,7 sur 10, “ce qui la plaçait en seconde position des animateurs d'émissions de variétés étudiés, derrière Patrice L'Écuyer. » « Parmi les quatre animateurs d'émissions de variétés étudiés lors du sondage, Véronique Cloutier obtient le deuxième indice ID, derrière Patrice L'Écuyer, mais devant Julie Snyder et Sébastien Benoit. »

Ce qui était beau finalement, pour tous ceux qui se sont réjouis d’une chose aussi futile que ce prix sans fondement ni intérêt c’est le symbole : la victoire de Véro contre Julie et la déroute du clan Péladeau contre le clan Radio Canada. Une déroute toute relative, il faut bien se l’avouer , même si lundi matin, des pro-Véro ont crié au scandale en ne voyant pas la photo de leur protégée, mais seulement son nom, en première page du journal de Montréal. Mais les symboles sont grands, les symboles sont forts et ils modifient notre perception de la réalité, alors la victoire de Cloutier contre Snyder c’est plus qu’une simple victoire de vedettes du show bizz, c’est la victoire de radio Canada contre Tva, des gens instruits contre le peuple, de Montréal contre Québec, de Dany Laferrière contre Jean-Luc Mongrin , des humanités contre la télé poubelle, du bien contre le mal en somme. Houra !


1 commentaire:

marie a dit…

j'y étais, et je n'ai pas été surprise de voir bombe.tv... après tout, une fois les chaînes de télévision principales invitées, qui d'autre peuvent-ils accréditer afin de grossir le tapis rouge? le gala artis est un évènement mainstream, que le peuple attend année après année pour y voir les mêmes visages. un peu pathétique.

je ne sais pas de quoi ça avait l'air à la télé, mais en vrai, c'était tout sauf glamour.

d'un autre côté, si c'est ça notre show business, soit. j'aime autant en parler et essayer de créer un 'hype' que de laisser les québécois se pâmer sur des américains. les potins, les petites vedettes, ça vend pour un certain type de québécois. et où il y a un public, il y a de l'argent à faire. dont ma propre paye, merci.