vendredi 9 avril 2010

Big Brother: la fin d’un concept?


Qui suit un peu Big Brother, se rend bien compte que la production tente désespérément de sauver un jeu qui n’attire plus personne. Elle joue tout d’abord la carte Fear Factor en faisant ingurgiter à ses candidats les mets les plus répugnants, puis elle fait entrer une vedette licencieuse (Anne Marie Losique) pour mettre un peu de piment dans la soupe ; enfin, elle sauve par un coup de baguette magique une des seules candidates intéressantes pour le jeu (Fay). Les réalisateurs vous le diront, un bon candidat est un candidat qui brasse la merde et provoque quelque chose, ce qu'aucun n'est capable de faire dans ce jeu, alors autant garder les meilleurs. Vous pensez que cela est injuste et que ça fausse le jeu ? Vous avez raison, mais ce que vous voyez n'est pas vraiment un jeu, mais plutôt un jeu télé, ce qui signifie que l'audimat prend une part importante dans l'orientation du jeu et que pour aider cet audimat, on est prêt à prendre quelques liberté avec le concept d'équité.

Le concept de Big brother est déjà vieux de 10 ans, il est en fin de vie et les spectateurs ne suivent plus. Un peu partout dans le monde, les productions qui ont acheté le produit éprouvent les mêmes difficultés et tentent de sauver leur concept en tombant dans la surenchère sexuelle, vulgaire et parfois violente. Pourtant, quand à la fin des années 90, les télés réalités ont inondé le monde, les critiques s’accordaient pour voir en elles le nouveau format de la télévision, toutes les émissions allaient être contaminé par ce principe. Cela c’est avéré exacte d’une certaine manière, pendant dix ans, certains pays comme la France, les Pays-Bas, l’Angleterre et les états Unis ont démultiplié le concept en le mêlant à toutes les sauces : transformation extrême (Miss Swann), perte de poids, résistance à la tentation sexuelle (L’île de la tentation), trouver l’homme idéal (The Bachelor), trouver la femme idéale, marier un millionnaire ou encore réunir 20 non-célébrités ou has been dans une ferme pour qu’ils se tapent dessus (la ferme célébrité). Cependant, depuis 2 ans les cotes d’écoute des télés réalités sont en chute libre.


En Angleterre, Big Brother a été arrêté cette année après être passé de 8 millions de spectateurs en 2002 à moins de 2 en 2009. On se rappelle que la production avait monté en épingle toute une histoire de racisme pour tenter de faire parler de son jeu en 2007. En France, la ferme célébrité a joué sur un casting ultra trash pour mettre au monde un idéal de bassesse morale que peu de Bigbrothers ont atteint et ça n’a pas plus décollé, les gens préférant regarder les frasques de Michael Vendetta à dose homéopathique sur le zapping de canal plus. En Allemagne la production, confrontée à des scores calamiteux, a décidé de faire entrer un couple homosexuel séropositif dans sa maison sous couvert d'une intention fort louable : montrer qu'on peut vivre normalement avec le sida. Promotion de la tolérance ou promotion du jeu? Le big Brother québécois a lui aussi joué la carte du scandale et de la sensualité en faisant entrer Anne Marie Losique et une pole de dance... pour un des plus grands moments de malaise jamais vu à la télé. Sex sells qu’il disait…



Le public québécois ne fait pas exception, et à part Occupation Double qui met beaucoup de moyens dans l'aventure (jouant sur tous les clichés à l'eau de rose de l'amour entre banlieusards), plus personne ne semble s'intéresser à ce genre de jeu en milieu fermé. On comprend donc que la production de Bigbrother essaie de sauver son jeu de la catastrophe en permettant à une ou un candidat un peu plus excitant que les autres (qui sont ennuyeux à mourir) de rester pour brouiller les cartes. Toutefois, on peut être sûr d’une chose, il n’y aura pas de Big Brother l’année prochaine à V

Aucun commentaire: