dimanche 21 mars 2010

Le Star Wars Kid du Fixed Gear...


Le printemps est officiellement arrivé aujourd'hui et si les derniers dix jours ensoleillés n'ont pas tout à fait encore fait éclore les bourgeons, ils ont au moins fait renaître les cyclistes. Quelques uns des plus endurcis ont bien roulé tout l'hiver, mais pour les gens normaux, l'idée de faire du slalom entre les voitures et les autobus sur des rues glacées que l'on ne déblaie pas à moins qu'il ne s'y soit accumulé plus de 12 centimètres de neige donne plutôt froid dans le dos (jeu de mot dominical). Il fait bon rouler et les rues parsemées de nids de poules sont maintenant à nouveau envahies par des cyclistes de toutes sortes.

Notre specimen préféré, bien entendu, demeurera toujours l'amateur de fixed gear flamboyant qui, à la manière du chevalier médiéval, prend le chemin de la guerre dès qu'il enfourche sa monture colorée. (Par soucis de transparence, soyez avisés que les deux auteurs de ce blog se déplacent au moyen de vélos fixés...) Vivant dans un conte de fée (il est probablement graphiste/musicien/DJ/bloggeur/twitteur) et toujours animé de valeurs fondamentales de la néo-chevalerie, le fixiste (terme qui décrit une partie des amateurs de fixed gear) se convaint qu'il pourra séduire une jeune princesse impressionable à coups de pirouettes et de track stands nonchalants. Notez cependant qu'une série d'événements historiques plus ou moins récents et sur lesquelles nous ne reviendront pas ici ont fait que la jeune princesse se soit émancipée de sa vulnérabilité d'antan et, par le fait même, qu'elle n'est plus impressionnée par les pirouettes ou les track stands nonchalants (équivalents modernes de la maîtrise du cheval). Tant mieux. Sauf que le fixiste, encore affligée d'une certaine bêtise adolescente, ne s'en rend pas encore compte et pratique religieusement une série de mouvements plus ou moins gracieux. Le hobby en soi n'a rien de bien méchant, si ce n'est que sa futilité, comme la plupart des hobbies, d'ailleurs. Il devient irritant lorsqu'il est accompagné d'une attitude à la fois je-m'en-foutiste et chauvine scuintante d'arrivisme.

C'est ce qui transpire de la vidéo qui suit et qui met en vedette un jeune fixiste américain dans son habitat naturel, le salon de son appartement de Williamsburg. Le jeune graphiste/musicien/DJ/bloggeur/twitteur filme lui-même sa danse de l'amour qui, l'espère-t-il, fera craquer une jeune fan de MGMT plus vite qu'un nouveau single de Vampire Weekend diffusé sur les ondes de la East Village Radio. Ayant d'abord déplacé ses meubles vintages pour faire de la place, le fixiste s'est ensuite assuré de bien mettre en vue sa seconde monture en arrière-plan, aux côtés de la monture dite "normale" de son ou sa colacataire (suppose-t-on). Après environ une minute trente de démonstration nonchalante, le magicien du surplace sert à ses spectateurs un doigt d'honneur bien senti.


Sans vouloir prétendre que l'on s'y connaît en matière de séduction, l'on serait tenté de conseiller au jeune prodige aux roues pimpées d'amputer de son numéro de drague ce geste peu flatteur qui risquerait plutôt d'ajouter à la confusion déjà gonflée de la jeune sérigraphiste qu'il convoite. La voici donc, la vidéo tant attendue qui n'a, il est vrai, rien de nouveau, mais qui vaut tout de même la peine qu'on la diffuse de façon plus ou moins sporadique.


Plusieurs autres vidéos nous viennent en tête à la suite du visonnement de celle-ci, qui n'est pas sans rappeler qu'il est assez typique chez les adolescents plus ou moins bien intégrés socialement, de se filmer en train de faire une activité qui, le croient-ils, les sortiraient de leur isolement social et les propulseraient dans les plus hautes sphères du vedettariat. Les vidéos suivantes en sont des exemples (Avertissement! les vidéos qui suivent pourraient provoquer des malaises importants!):


Le pauvre fixiste n'a besoin, après tout, qu'on fasse un peu attention à lui. Derrière sa carapace de coton coloré se cache une créature sensible...

5 commentaires:

Barbarosa a dit…

fixed gear = pignon fixe. Souvenons-nous que la bicyclette est une invention française les amis.

Alexandre Paré a dit…

Oui, mais tu ne peux pas faire de track stand ou d'autres tricks si tu dis vélo à pignon fixe pour la même raison que tu ne peux pas faire de kickflips ou de tail grabs avec un rouli-roulant.

ratsdeville a dit…

malaise .. effectivement ..

Anonyme a dit…

Et le doigt d'honneur, c'est pas de sa faute, le pauvre garçon a raté sa sortie après son troisième back circle. Pauvre petit coeur. Pffff. C'est sûrement parce qu'il avait oublié de mettre ses rappist glasses sans verre.

*la fille ben ordinaire à pignon fixe*

chat Maigre a dit…

totalement vrai!! vrai cliché du nouveau cycliste urbain égoiste,y as plus simple qu'une panoplie d'un "fixiste" c'est de ce mettre un panneau "SVP REGARDEZ MOI"