mercredi 24 mars 2010

Déconstruction de 3 textes du MACM - Addendum lexical

Il faut voir au-delà de la bouillie pour chat dans ces textes souffrant d’enflure verbale et constater le réel pouvoir du discours sur la praxis en art contemporain et dans notre société en général. Dans une société aussi schizophrénique au plan linguistique que la nôtre, là où il s’agit d’aligner quelques adverbes avec un accent d’Outremont pour paraître intelligent, il est important de prendre conscience que les meilleures idées s’expliquent souvent simplement. C’est pourquoi je veux vous aider à voir à travers les distractions lexicales pour mieux cerner le message des auteurs.

La reine du bien-parler


Quand on s’y attarde et qu’on sait lire, il se peut qu’on soit surpris. J’ai traduit des extraits des textes du MAC en langue québécoise populaire afin de nous éclairer, nous plèbe illettrée. Je vais donc vous expliquer ces concepts alambiqués en des termes plus réducteurs mais d’autant plus révélateurs.


Sur Marcel Dzama par Mark Lanctôt

« Dzama transforme une imagerie en apparence arbitraire et saturée de nostalgie en une espèce de mythologie qui est attirante sur le plan esthétique (les œuvres sont belles), tout en interdisant une lecture trop simpliste. »

TRADUCTION: “Dzama transforme ces images qui veulent tout pis rien dire pis te monte une espèce de mythologie qui est belle pis qui fait réfléchir.”


« Si les œuvres semblent vaguement (plutôt que précisément) reliées à un ensemble de références, c’est qu’elles sont induites par des récits ouverts, chargées de scènes ambivalentes de torture, de danse et de fantasmagorie érotique. »

TRADUCTION: “Si les oeuvres semblent vaguement déjà vues, c’est qu’elles veulent tout pis rien dire pis que y’a de la torture, de la danse pis du délire pseudo-cul.”


Sur Luanne Martineau par Lesley Johnson


« Logée au cœur de la pratique de Luanne Martineau, la notion de double encodage est ouvertement reliée à l’architecture postmoderne, au baroque et à l’artisanat contemporain. Elle réfère à l’insertion d’au moins deux codes reconnaissables – mais opposés - pour perturber et déstabiliser le sens. Martineau identifie les langages formels qui semblent posséder un contenu idéologique fixe (l’expressionnisme abstrait par exemple) et tente de créer des situations formelles qui se contredisent et sabotent ce contenu. Dans son approche, les techniques artisanales fonctionnent comme un dispositif perturbateur qui devient le moyen par lequel elle parvient au double encodage. Cette démultiplication des codes produit des œuvres qui refusent de se confiner confortablement aux catégories de l’abstrait ou du figuratif, du minimalisme ou de l’expressionnisme, du design ou de la sculpture, du beau ou du grotesque, du majeur ou du mineur, de l’artisanat ou de l’art. »

TRADUCTION: “Luanne Martineau fait du “double encodage" à travers ses vomis de chat. Elle veut dire deux affaires qui se contredisent pour te fucker. Martineau dit qu’elle fait de l’expressionnisme abstrait pis elle prend de la laine fak’ ça donne du vomi de chat. Dans son approche, elle fucke l’idée de l’expressionnisme abstrait; elle la sabote en utilisant de la fucking laine ! C’est ça du “double-enculage” (sick). Ça permet de produire du vomi de chat qui va toujours être un peu choquant pis fitter nulle part parce que ça veut tout pis rien dire.”


Sur Étienne Zack par François LeTourneux


« À partir du moment où une stratégie de conception de l’espace se discerne, certains enjeux extra-formels se révèlent. »

TRADUCTION: “Quand tu vois comment ça marche, tu comprends de quoi ça parle.”


« La prolifération atteint un point limite de surcharge et de saturation, comme si l’accumulation des strates sémantiques et l’opacité de la lecture répondaient à la menace d’un effondrement, ou annonçait les multiples débordements d’un animisme fantasque et baroque. Animisme et ordonnancement métonymique jouent ainsi de concert pour élaborer une méditation sur le corps et les diverses forces systémiques auxquelles il peut être soumis. »

TRADUCTION: “La prolifération de gugusses fait que c’est comme si l’auteur voulait dire plein d’affaires pis rien en même temps ou juste que c’est du monde qui tue des animaux pour rendre hommage à Dieu. Rite religieux ou gros n’importe quoi sur lequel on peut tout pis rien dire.”

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Je viens tout juste d’atterrir sur ton blog. C’est très cool les playlists et les suggestions côté musique, mais utiliser la notion de « déconstruction » pour parler de ce que tu fais c’est vraiment un abus. Même si tu ne te prends pas trop au sérieux, s’il te plaît un peu d’efforts…

Fabien Loszach a dit…

nous ne répondons pas aux commentaires anonymes. Les anonymes n'existent pas.

Catherine a dit…

C'est exactement ce dont je parlais avec une amie, il y a quelque temps, à propos de l'université. On t'apprend à bullshiter n'importe quoi, dans n'importe quelle condition, et ça marche, aussi longtemps que tu utilises des mots qui ont l'air savants et forts sémantiquement.