mercredi 17 mars 2010

Critique d'un film que je n'ai pas vu AACAF #2


Vous l'attendiez tous depuis longtemps, la seconde critique d'un film que je n'ai pas vu. C'est qu'à AACAF, on aime bien se faire désirer un peu. La voici donc à nouveau, cette expérience ludique et obsolète qui fait pâlir d'envie les Petrowski de ce monde qui doivent, eux, nous vanter la médiocrité qui leur est imposée, à un point tel qu'au bout de 48 années de carrière, ils n'arrivent probablement plus à distinguer le fenouil du laurier, comme dirait Goscinny.

Nous vous avions présenté la dernière fois une oeuvre dite "indépendante", ou quelque chose du genre. L'exercice n'avait rien de bien complexe puisque le genre s'y prête à merveille. Il aurait ainsi été tentant de la répéter en choisissant une autre oeuvre qui se retrouvera, elle aussi, dans la section "réalisateurs de la relève" de tous les bons clubs vidéo. Prenez, par exemple, le film White on Rice, du réalisateur Dave Boyle.

Ce film aura évidemment tout pour plaire aux finissants en Communications de l'UQAM, aux adeptes de fixies, ainsi qu'aux clients du Café Névé. Tout comme le film dont nous avions fait la promotion dans la première critique d'un film que je n'ai pas vu AACAF, White on Rice semble appuyer la majeure partie de son contenu humoristique sur un accent hilarant. Dans ce cas-ci, l'accent Japonais qui, tout le monde le sait, gagne régulièrement des concours d'accents hilarants. Notez également que l'affiche du film en question exploite les règles de base du petit guide de l'illustrateur d'affiches de films indépendants (couleur vive et unie de l'arrière plan, juxtaposition d'autres couleurs vives pour le titre, illustration au "crayon" dans Illustrator pour l'arrière-plan, etc.).

Il aurait donc été assez facile d'emprunter à nouveau les sentiers qui nous sont familiers. Mais à AACAF, nous aimons prendre des risques, nous remettre en question et changer de coupe de cheveux. C'est pourquoi la seconde édition de cette chronique portera sur un tout autre type de film: le thriller d'horreur. Et comme nous avons aussi de la suite dans les idées, penchons nous sur un film qui a pour personnage principal une fille tatouée (voir notre opinion sur les gens tatoués): The Girl with the Dragon Tattoo.

D'entrée de jeu, notons le peu d'originalité dans le choix du tatouage en question: un dragon. L'héroïne du film se fera sans doute prendre à un moment ou un autre du film à se faire tatouer des caractères chinois qui ne veulent pas dire ce qu'ils devraient dire. Adoptons ensuite la même démarche utilisée pour la première édition de la chronique en examinant d'abord l'affiche du film étudié.

Le graphiste avisé remarquera immédiatement l'utilisation de la police Trajan, aussi appelée la Movie Font. L'on se dit immédiatement que la pochette du DVD s'agencera à merveille avec celles de tous les autres films d'horreur produits au cours des dix dernières années. L'on comprend également grâce à l'affiche que l'héroïne est une fan de punk et que ses groupes préférés sont probablement Total Chaos, The Distillers et Evanescence. Autrement dit, il faudrait éviter d'avoir à faire de trop longs voyages en auto avec elle. Enfin, trois autres informations nous sont clairement transmises dans cette affiche. Primo, que la jeune fille en question aime le feu et qu'elle ne doit être en charge ni du feu de foyer ni de l'allumage du BBQ lors de réunions familiales. Secundo, qu'elle aime vraisemblablement la période médiévale et qu'à en juger par la décoration de sa maison, il serait préférable de ne pas lui confier celle de la nôtre. Tertio, que l'intrigue du film tournera autour de la dame qui a sa photo au dessus du foyer, et qu'il n'y a pas de commentaire "humoristique" à faire à propos de cette troisième information.

Vient ensuite le moment de s'informer d'avantage sur le film et puisqu'il écrit cette chronique d'un trait, l'auteur de ces lignes s'apperçoit maintenent que le film dont il a choisi de faire la critique sera probablement un blockbuster et qu'il est probablement attendu par des millions de gens sur la planète. Il s'agirait en effet du premier de la série Millenium, cette trilogie Suédoise qui connaît un succès monstre depuis la mort de son auteur, Stieg Larsson. Quelle honte d'avoir ignoré jusqu'ici que l'on écrivait à propos d'une oeuvre qui joindra certainement les rangs des autres Code Da Vinci et cie. (notez que l'affiche du Code Da Vinci fait aussi usage d'une variante de la police Trajan)

La bande-annonce du film est plutôt déconcertante, en ce sens qu'elle donne d'abord l'impression d'avoir sélectionné le mauvais lien.


L'on se dit, au cours des toutes premières secondes du visionnement, que l'on doit avoir accédé à la bande-annonce d'un mauvais jeu vidéo qui vise à attraper des globules blancs. Vient ensuite le moment où l'on se dit que l'on comprend enfin où l'on se trouve: dans l'abdomen d'une personne qui se fait poignarder. Difficile de dire si l'on a accédé à une à une camapagne de sensibilisation à la violence du Gouvernement du Québec, ou s'il s'agit plutôt d'une pub pour le prochain épisode de CSI. L'on saisit alors qu'il s'agit bel et bien de la bonne bande-annonce et que l'on se trouvait à la genèse du film lui-même, le moment où l'héroïne se fait tatouer son dragon dans le dos. Pour une raison obscure, l'annonce se termine sur l'écran d'un commodore 64 qui code des données sur MS-DOS. Le spectateur peut dès lors se conforter dans l'idée qu'il assistera à un thriller dit "techno-punk", une version futuriste du mouvement "steam-punk".

Il nous est ainsi possible de croire que l'héroïne sera incomprise par les autres personnages puisqu'elle aura probablement été abandonnée par ses parents et qu'au lieu d'avoir choisi de vivre du squeegee comme tous les autres enfants abandonnés de la Colombie-Britannique et des autres régions fertiles en main d'oeuvre saisonnière et indésirée, elle aurait plutôt choisi de se lancer dans toutes sortes d'intrigues obscures. Attendons-nous à un usage modéré mais dérangeant d'images de synthèses et de ralentis de toutes sortes, ainsi qu'à une usage exagéré d'une photo lourde en grain et en tons allant de noir pâle à noir foncé. La musique sera fort probablement insupportable... appréhendez les rejetons de Linkin Park.

Almost As Cool As Fighting s'attend donc à ce que ce film connaisse un succès monstre auprès de tout les gens qui ne lisent pas ce blog (faites le calcul, nous recevons la visite de quelques centaines de gens par jour, dont plusieurs y arrivent par erreur) et qu'une grande majorité de jeunes filles de 16 à 19 ans se déguiseront comme l'héroïne à l'halloween prochain. Pour cela, AACAF lui décerne 3 tatouages gothiques sur 5.



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