vendredi 26 février 2010

La signature en art contemporain et ailleurs...

Ce n'est pas tout de savoir peindre, encore faut-il se faire connaître. À la pizzeria du coin, le peintre naturaliste qui a réalisé la murale a eu la bonne idée d'ajouter à sa signature son numéro de téléphone.

Le geste nous paraît maladroit et comique notamment parce que la signature, qui a fonctionné entre le 16e et le 20e siècle comme un indicateur d’« artification », un indice d’accession d’une activité au rang d’art, à complètement disparu dans l'art contemporain.

Aujourd'hui signer une œuvre signale paradoxalement au spectateur que l'on n'est pas dans le registre de l'art contemporain, mais dans celui d'un art plus conventionnel, classique ou encore convenu. Art contemporain n'est bien évidement pas à entendre au sens chronologique, mais esthétique, l'art contemporain comme courant artistique.

Si le fait de signer une œuvre envoie un signal sur la démarche que l'on adopte et le type d'art que l'on entend pratiquer, alors qu'en est-il de rajouter son numéro de téléphone? La réponse est peut-être loin des clichés et des moqueries faciles; notre artiste entend peut-être tout simplement quitter sa posture romantique d'artiste pour reprendre sa casquette d'artisan peintre et comme tout bon artisan, il laisse sa carte de visite.




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