mercredi 14 octobre 2009

Georges Laraque et la fin du féminisme.


Georges Laraque s'est retrouvé hier matin au cœur d'une controverse médiatique de plus entourant une publicité pour laquelle il a prêté ses talents de comédiens.



Dans cette annonce réalisée par la bande de 33 mag, Georges Laraque rencontre des "adversaires de tailles" au camp d'entraînement d'Octane 7.0. Octane 7.0 est une boisson énergétique alcoolisée faite au Québec, qui vise un public ado et post-ado entre 16 et 25 ans. Le clip laisse transparaitre l'univers culturel du consommateur potentiel: pavillons de banlieue à l'architecture kitsch, règne de la voiture, et 5 ou 6 jeunes filles légèrement vêtues (dans un style très american apparel) qui attendent devant la porte d'une star du hockey pour jouer avec lui dans la rue. La boisson énergétique alcoolisé et la musique électro donne à la scène une allure de piste de danse où ces acteurs se retrouveront le soir même (le Pink ou le Fuzzy)


Douchebags au pink de Laval, les doigts sont importants

Comme de juste, plusieurs féministes sont montées au créneau pour dénoncer le sexisme de cette publicité.
L'homme est au centre et les petits culs se trémoussent autour de lui et semble appeler à l'aide comme s'ils mourraient de faim; pas très fin en effet. Cependant, on aurait préféré qu'elles fasse preuve de gout et dénoncent d'abord la nullité de la publicité ; une publicité outrageusement copié sur le clip Call on me de Eric Prydz, à moins que ce soit un clin d'oeil... Quand on s'inspire autant, il faut citer, ça s'appelle de l'honnêteté intellectuelle.

Baz, le réalisateur nous a confirmé que la publicité était un mauvais clin d'oeil à Call on me et qu'il ne s'en été jamais caché. D'autres sources autour du projet nous on rappellé que la nullité du film s'expliquait aussi par le budget ridicule alloué, la clientèle cible et la vision du lient... On les croit.


L'histoire du clip est encore plus extraordinaire quand on sait que Big Georges et les filles étaient censés s'arroser d'Octane 7.0 , mais que les rushs ont été perdu par... l'assistant caméra.




Est-ce sexiste de montrer plusieurs filles habillées sexy qui jouent avec un sportif mâle, symbole de la virilité de surcroit? Si le sexisme consiste à "attribuer des rôles dans la société en fonction du genre" (wikipedia), alors cette pub ne l'est pas; les filles sont ici dans deux domaines traditionnellement réservés aux hommes: la séduction pour la séduction et le sport viril...

Si par contre, on définit une publicité sexiste comme un medium qui utilise l'image du corps - surtout de femmes - et des scène de sexualité pour les appliquer à n'importe quel produit
et qui enferme les femmes ou les hommes dans des rôles stéréotypés (maman ou putain, femme enfant ou salope, maitresse ou esclave, ménagère ou femme objet.) alors oui cette publicité peut être taxée de sexiste.

Le problème c'est que cette définition donnée par La Meute, les chiennes de garde contre les publicités sexistes est extensible à l'infini; n'importe quel création mettant en interaction des hommes et des femmes pourrait être jugé sexiste d'un certain angle, par exemple, toujours selon la meute
"en montrant les femmes entre elles comme des rivales jalouses ou comme des lesbiennes exhibitionnistes, en représentant les hommes comme des machos obsédés par leur puissance, des hommes-objets ou des " papas-poules, en opposant petites filles passives et garçons actifs. Adieu le cinéma, le théâtre et une grande partie de la création culturelle.

Que ce serait-il passé si une meute de garçons étaient venu sonner à la porte d'une de nos sportive made in Québec les plus sexy? On aurait eu droit au même discours de la part des critiques féministes: qui y auraient surement vu, encore et encore, une femme facile, trop enclin à jouer le jeu de la séduction et soumise au désir masculin. Dans une envolée lyrique, on aurait pu lire que cette publicité était la métaphore d'un viol collectif, phantasme présent dans beaucoup de cerveaux masculins...

L'asymétrie est encore plus flagrante dans les critiques des films pornos que font certaines féministes: quand un homme est entouré de femmes dans une relation sexuelle, il est automatiquement décrit comme un sur-mâle, un sur-sujet qui satisfait des femmes soumises. Quand une femme occupe la même place, et satisfait plusieurs hommes, le cerveau féministe y voit instinctivement une femme là encore soumise qui subit le désir pervers masculin.

La femme dans la pornographie n'est jamais considérée comme une sur-femme, un sur-sujet, elle est toujours victime et passive et cette logique argumentative s'applique tout autant à toute forme de médiation imaginaire et culturelles. Pas étonnant qu'un nombre considérable de jeunes femmes, très bien dans leur peau et vivant activement leur sexualité, ne se déclarent plus féministes. Pourquoi adhéreraient-elles à une idéologie qui les traient toujours en victimes sur le plan sexuel?




NB:
Cette difficulté à penser la sexualité dans un registre autre que moral et victimaire ne doit cependant pas nous empêcher de révéler que les luttes féministes ont encore leur place, en témoigne les inégalités au niveau du salaire, du travail domestique, etc...


3 commentaires:

M a dit…

Et voilà!

Anonyme a dit…

Trop bien dit Fabien.

Crachapelle! a dit…

Woah! Bien dit.

J'ai toujours pensé ça, en regardant des pubs... C'est ce qui arrive quand les personnages sont des stéréotypes, on ne peut pas leur créer mille et une facettes en quinze secondes devant une bouteille de Windex.