mardi 29 septembre 2009

Politique municipale: Du privé au public...

Voici le deuxième article d'une série sur les candidats aux prochaines élections municipales qui auront lieu le 1er novembre et pour lesquelles il ne vous reste que deux jours pour vous inscrire sur la liste électorale (date limite, le 30 septembre 2009). Almost As Cool As Fighting a rencontré le candidat d'Union Montréal dans le Plateau-Mont-Royal Marc-Nicolas Kobrynsky, qui se lance en politique pour la première fois. Consultant en logistique manufacturière et en efficacité des processus d'affaires, M. Kobrynsky souhaite, entre autres choses, être en mesure d'amener certains principes de gestion de l'entreprise privée dans la gestion du domaine public.


Almost As Cool As Fighting
Tu te présentes comme conseiller d’arrondissement dans le Plateau-Mont-Royal, l’arrondissement le plus densément peuplé au Canada. C’est un arrondissement extrêmement scolarisé, mais qui connaît tout de même beaucoup d’inégalités sociales. Comment est-ce que cette situation affecterait ton travail de conseiller d’arrondissement?

Marc-Nicolas Kobrynsky
Je veux offrir un service de première ligne. Les gens ont souvent l’impression que les conseillers ne s’intéressent à eux qu’au moment des élections. J’ai envie d’être omniprésent. À partir du moment où je serais élu, ma campagne publicitaire, si on veut, commencerait. Je retourne dans la rue et je m’assure que tout le monde a mon numéro de téléphone. Les gens ont besoin d’un service de première ligne. Pour être certain que ça fonctionne, je vais devoir m’assurer de me faire connaître et que les gens savent comment me rejoindre. Ça ne coûte rien du tout, je peux me monter des listes de contacts et faire le suivi de chez moi. C’est de m’occuper de ce dont les gens me parlent sur la rue. Le piéton qui me parle d’un problème en particulier. Je m’attends à prendre de la place, et si les gens de mon équipe ne s’y attendaient pas, ils risquent d’avoir une surprise.

AACAF
As-tu une grande gueule?

M-N K
Je ne gêne pas pour dire ce que je pense. À partir du moment où je suis élu, j’ai un mandat des citoyens de faire avancer les choses.

AACAF
Depuis combien de temps habites-tu le Plateau?

M-N K
Depuis 12 ans.

AACAF
Tu connais donc assez bien le Plateau. L’avenue du Mont-Royal est une zone de frictions évidente avec la diversité de ses activités et la proximité des zones résidentielles. Tu auras un rôle de conciliateur. À quoi t’attends-tu dans ces circonstances?

M-N K
L’avenue du Mont-Royal est effectivement une ligne de friction, et pour beaucoup d’autres raisons. Elle est fréquentée par les automobilistes, les piétons et les cyclistes. De plus, il s’agit d’un lieu fréquenté par les résidents locaux, les gens de la ville en entier, les banlieusards et les touristes. Les commerces de l’avenue du Mont-Royal sont, en partie, responsables de son charme. Si on lui enlevait ses commerces, on se retrouverait avec une rue assez ordinaire. C’est le type de commerces comme ce café indépendant qui font qu’on ne se retrouve pas avec des Wal-Mart et des conneries du genre. C’est parfait. En ce qui concerne la question des commerces de nuit, il faut être conscient de leurs effets et en accepter une partie. J’habite à côté de La Banquise et les gens viennent manger leur poutine dans mes escaliers. Ils ne font pas de bruit, mais laissent parfois leurs déchets en partant. Je peux vivre avec ça et installer une petite poubelle. Je ne suis pas tellement tolérant du bruit. Les tenanciers de commerces de nuit doivent prendre une partie de la responsabilité.

AACAF
Ça ne fait pas partie des habitudes des propriétaires de bars à Montréal de faire la gestion du bruit aux abords de leur établissement, sauf exceptions, contrairement à certaines villes européennes qui sont plus compactes, et où les videurs ont cette responsabilité. Qui doit prendre cette responsabilité ici?

M-N K
Je ne crois pas que ce soit à la police de le faire. Les policiers ont d’autres choses à faire et je suis convaincu qu’ils ne s’attendent pas à faire ça en s’enrôlant. La Ville ne dispose que de deux inspecteurs affectés aux enjeux liés au bruit. Jusqu’à maintenant, les enjeux principaux qui ont fait l’objet de plusieurs débats ont été liés à la circulation, à la place des piétons et des cyclistes dans nos rues. Je crois que les prochains débats concerneront le bruit.

AACAF
C’est un terrain miné dans un quartier comme le Plateau. La vie de quartier et la diversité de ses activités font qu’il est cool. La Casa del Popolo et le Centre Culturel Mile-End (Green Room/Main Hall) ont eu des problèmes liés au bruit.

M-N K
À partir du moment où on a des règles claires, la gestion de ces problèmes est beaucoup plus aisée.

AACAF
Le processus administratif lors de la gestion de ces problèmes est très fastidieux et coûteux pour les établissements. Pour reprendre les exemples de la Casa et du MEC, ces établissements se sont retrouvés dans des situations précaires, et le paradoxe était particulièrement frappant dans le cas de la Casa, qui est l’un des fleurons de la vie culturelle du Plateau.

M-N K
On doit nécessairement faire la différence entre des endroits qui doivent avoir le bénéfice du doute. Une salle de spectacle n’est pas la même chose qu’un restaurant de quartier. On doit s’attendre à ce qu’une salle de spectacle soit plus bruyante et il faut tenir compte de sa vocation culturelle. J’arrive du domaine de la consultation et le bon sens doit primer. Dans le domaine privé, le client est la personne la plus importante. Pour la Ville, le client, c’est le citoyen. Je ne pense pas que l’appareil gouvernemental québécois soit orienté vers le client. Je ne vise pas à transformer la Ville au cours de mon premier mandat, mais je peux faire une différence dans mon district, dans la façon de procéder dans le Plateau.

AACAF
Je suis d’accord avec toi lorsque tu dis que les prochains enjeux de société en ville concerneront le bruit. C’est vrai dans la plupart des grandes villes. Les gens s’installent dans un quartier parce qu’il est hip, découvrent les désavantages et la roue commence à tourner de sorte qu'il y a un danger de voir le quartier se stériliser.

M-N K
Je ne veux pas me retrouver avec un autre arrondissement, j’aime le Plateau comme il est, mais il y a des règles de civisme à respecter. Ça fait partie du charme du quartier que ce soit un peu le bordel.

AACAF
Ton parti est dans l’eau chaude depuis quelques temps. Comment vis-tu cette situation?

M-N K
Je n’ai pas de problème à défendre l’intégrité du maire. Il a ma confiance. Je suis convaincu qu’il fera mieux à l’avenir. S’il ne fait pas mieux, c’est à ce moment-là qu’il perdra ma confiance.

AACAF
On peut faire un parallèle avec le milieu privé d’où tu viens. Si une entreprise privée faisait face à des accusations de corruption et que son chef déclarait qu’il n’avait jamais été mis au courant, l’on serait en mesure de se demander s’il est la bonne personne pour le poste. D’une part, s’il n’était pas au courant, c’est qu’il n’a peut-être pas tout le contrôle sur son entreprise. D’autre part, s’il était au courant, ça fait de lui un complice.

M-N K
Il y a également un troisième scénario que l’on observe souvent dans l’entreprise privée. Le président d’une compagnie, dans ce cas-ci, le maire, doit être à plusieurs endroits en même temps et doit déléguer des responsabilités à des gens de confiance. Pour des raisons d’efficacité, le maire doit déléguer et faire confiance au bon jugement d’autres gens. Ça lui permet de mener plusieurs projets de front. Je crois que le maire est intègre.

AACAF
On parle ici du plus gros contrat de l’histoire de la Ville. Le maire aurait dû s’impliquer…

M-N K
Et il a délégué les plus hauts dirigeants de la Ville pour gérer ce contrat. C’était le premier trio qui s’en occupait, et le coach était en arrière.

1 commentaire:

6p00d834525e1869e2 a dit…

merci Alexandre pour une entrevue solide, claire et qui parle des "vraies affaires" si j'habitais le plateau, je voterais certainement pour lui