vendredi 18 septembre 2009

Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part


Les gens de la capitale nationale snobent Montréal selon un sondage Léger Marketing commandé par TVA et le journal de Montréal. Quand il s’agit d’alimenter la bisbille entre les deux villes, ces deux organes de presse – appartenant au même groupe, il faut le préciser – ne sont jamais bien loin. Jamais bien loin et jamais très haut, tel est leur credo.

Pour une majorité d’héritiers de Samuel de Champlain, Montréal est une ville sale et peu accueillante, renfermée sur elle-même... Tout l’inverse de Québec, qui est une «belle ville» «où il fait bon vivre», et une ville «prospère» pour 96 % des répondants et une ville «ouverte sur le monde» pour 88 %. C'est vrai que tous les immigrants se ruent en masse vers Québec, ayant eut ouïe-dire de l'accueil chaleureux qu'on leur réserverait là-bas...

Selon le sondeur Mathieu Gagné, la perception des québécois à l’égard de Montréal n’est pas seulement négative, elle s’accompagne en outre d’une attitude hargneuse; «Quand on regarde la perception que les gens de Québec ont de Montréal, on constate que c'est très négatif, presque hargneux. On sent qu'ils gardent une vieille rancune contre Montréal» (source : Canoë)

Juste retour du bâton diront certains, les montréalais ont tant snobé la capitale nationale qu’il est grand temps que cette dernière leur rende la pareille au moment même où elle brille d’éclat après s’être fait refaire une beauté – à grand coups de millions – pour son 400e anniversaire. Et puis c'est pas toutes les villes qui peuvent se targuer d'avoir le plus de kilomètres d'autoroutes urbaines par habitant en Amérique du nord, ça c'est l'avenir les autoroutes!

La rivalité Québec-Montréal est une fausse chicane alimentée et réalimentée cycliquement par des journalistes en manque d’histoires à raconter. La rivalité fait vendre, tout comme le manque d’imagination. Dans The Naked City (1948), Jules Dassin commence son film par cette phrase : « There are eight million stories in the Naked City; this has been one of them ». Il le termine par un plan sur le rédacteur en chef du journal qui dit à un de ses journaliste à peu près la même chose : « il y a des millions d’histoires qui s‘écrivent ici chaque jour, il faut que vous soyez capable d’aller les chercher et de les raconter »… Certains de nos journalistes souffriraient-ils d’un manque de talent de recherchiste?

Georges Brassens a écrit une chanson pour tous ceux qui, un peu trop ébloui par la beauté de leur terroir, l’idéalisent sans retenue. Elle s’appelle La ballade des gens qui sont nés quelque part.


3 commentaires:

lesgabrielles a dit…

Je ne peux que m'incliner devant autant de vérité. Ce faux débat qui a déja fait l'objet d'un dossier complet à La Presse m'horripile.

Martin ITFOR a dit…

Es-tu déjà sorti du Plateau?

M a dit…

Euhm Euhm...
Montréal, c'est pas l'exemple de chaleur humaine par excellence.