lundi 4 mai 2009

Trompe l'oeil pense bête


Sara Watson est étudiante en art à la University of Central Lancashire (Uclan), elle s'est récément fait connaitre en repeignant une vieille Skoda pour la fondre dans le paysage du stationnement. Après plus de trois semaines de travail, le résultat est assez impressionnant, la voiture (récupérée à la casse) semble être devenue translucide, laissant apparaitre l'asphalte à travers elle.

"Je travaillais sur le concept de l'illusion mais j'avais besoin de quelque chose d'un peu plus tactile pour créer un véritable impact", raconte Sara Watson. "Les gens s'arrêtent dans la rue pour regarder, s'approcher. Certains sont même presque entrés dedans, alors elle a eu l'effet que j'espérais."


Laurent La Gamba "Royal chien"
2002


Laurent La Gamba
"Car camouflage"
2002

La voiture de Sara Watson rappelle l'art camouflage de l'artiste français Laurent La Gamba. Chez ce dernier, c'est le corps de l'artiste qui tend à disparaitre dans le décor. On n'ose à peine imaginer toutes les potentialités et les interrogations que les critiques d'art vont faire poser à ce travail. Voici un exemple de critique d'art probable à propos du travail de Laurent La Gamba:

« Tout en s’inscrivant dans la tradition de [mettez ici le nom d'un artiste ou d'un philosophe], les travaux de Laurent La Gamba s’en distinguent néanmoins par la dimension conceptuelle (laquelle) de ce qui apparaît, à l’heure où les attitudes deviennent formes, comme une performance questionnant les notions d’identité et d’intimité, d’espace et de temps » (1).

Remarque la démarche de l'artiste qu'il a lui même écrite est guère plus compréhensible, ça parle d'homochromie animale appliquée au milieu urbain. Les cours en art portant sur les démarches artistiques n,auraient-ils pas servi à rendre l'art plus chiant, jargoneux et faussement intelligent? Il y a un mot pour ça en français (il y a un mot pour tout en français), c'est pompeux.

" Ce que vise mon travail, à travers la présentation de clichés photographiques mettant en scène des expériences de camouflage du corps humain en contexte, est une mise en scène symbolique de la disparition-apparition des corps dans une société dite de l'image, dite de consommation visuelle. Ce travail constitue un cycle d'expérimentation et cette mise en scène photographique permet de souligner l'existence d'une possible équivalence entre le milieu naturel où les exemples d'homochromies animales rendent compte d'une nécessité d'intégration, de protection, et de survie, et un milieu urbain dans lequel existerait une homochromie similaire, ici soulignée et élaborée au moyen d'un artifice pictural."



Pour poursuivre sur le thème du trompe l'oeil, on peut aussi faire référence aux ipeintures métamorphique de George Rousse, qui nécessitent un point de vue précis pour pouvoir visualiser l'oeuvre.


(1) Cette citation est en fait tirée de (la médiocre) exposition "Change", portant sur la ballade narcissique (un prémisse à Loft Story?) de John et Yoko au musée des Beaux arts, voilà la citation dans son contexte original. Vous remarquerez donc que bien souvent en art les textes sont interchangeables à souhait sans qu'on s'en rende compte, tirez en les conclusions que vous voulez...

« Tout en s’inscrivant dans la tradition de la résistance passive d’un Martin Luther King ou d’un Gandhi remis au gout du jour par la mode hippie des sit-ins à la fin des années soixante, ils s’en distinguent néanmoins par la dimension conceptuelle (laquelle) de ce qui apparaît, à l’heure où les attitudes deviennent formes, comme une performance questionnant les notions d’identité et d’intimité, d’espace et de temps ».


1 commentaire:

Chat M a dit…

C'est très technique et c'est très bien .
Bravo aux trois !