vendredi 27 février 2009

Ma peau est une oeuvre d'art

"Il est plus facile d'écrire sur une feuille de papier, qui supporte tout; que sur la peau, qui ne supporte rien," Catherine II

Ariana Page Russell souffre de dermatographia, c'est-à-dire d'hypersensibilité de la peau. Chaque égratignure, même minime, provoque une réaction disproportionnée de ses cellules, des rougeurs et des gonflements de la peau pendant au moins 30 minutes. Ariana aurait pu vivre toute sa vie en essayant de cacher le maximum de son épiderme, mais elle a décidé au contraire de l'exposer et de transformer ce handicap en médium propice à l'art. Ariana se sert aujourd’hui de sa peau comme d'une toile, elle se dessine des motifs avec un objet (peu) contondant et attend que sa peau réagisse et offre une nouvelle dimension aux forment qu'elle a dessiné.


Ariana, qui est diplômé en photographie à l'université de Washington (Seattle, WA) prend ensuite des photos de son corps et les expose. Sa prochaine exposition aura lieu à la Magnan Project art Gallery à New York en avril prochain.


L'exemple d'Ariana est un cas typique de résilience, au sens psychologique du terme. Cette dernière accepte et retourne un handicap (certes minime) en quelque chose de positif. Le jeu sur son corps est aussi une mise en exemple de la fragilité :"I just thought there's something really powerful in that because I have no control over it. It just happens," Russell said. "And I wanted to kind of capture that feeling of vulnerability and just that kind of fleeting thing that happens in the blush."


Ariana Page Russell
Ariana Page Russell biographie et expositions
(source) ABC news
Health Bolt

1 commentaire:

Clara Bonnes a dit…

Si ce genre de projet procure une stimulation intellectuelle certaine, leur déclinaison me laisse sur ma faim, un peu comme dans le cas de Joshua Allen Harris, finalement. La multiplication a alors pour effet de désamorcer l'expérience esthétique de la première fois. L'artiste part d'une ingénieuse découverte (ici la peau hypersensible, dans le cas de Harris les bouches d'aération), et se contente de répéter le "punch" formel plutôt que d'extraire par lui-même le potentiel conceptuel de ces créations. Sans mise en contexte critique extérieure, les œuvres déclinées semblent alors enclavées dans un spectaculaire linéaire. Je suis cependant curieuse de suivre l'évolution de leur travail, souhaitant qu'ils soient capables de se dégager de l'anecdotique.