dimanche 11 janvier 2009

Pratiques sexuelles mortelles mais consentantes


Il n'y a pas de libertin un peu ancré dans le vice qui ne sache combien le meurtre a d'emprise sur les sens. Vladimir Nabokov, Extrait d' Ada

Le 8 janvier dernier, un homme de 41 ans a été arrêté chez lui à Longueil (Québec) par la police et ce après une enquête de plus de 10 mois. L'homme en question est soupçonné d'avoir mortellement blessé une femme de 39 à la suite de pratiques sadomasochistes. Fait rare au Québec,
à la demande des avocats de la Couronne et de la défense, la juge de la Cour du Québec a émis une ordonnance de non-publication sur les faits qui ont conduit au décès.

L'histoire soulève beaucoup de questions "éthiques", ces dernières portent notamment sur la question du
consentement et sur les limites que deux personnes, mêmes consentantes, ne peuvent dépasser dans ce qui a trait à leur intégrité physique. Ce n'est pas parce que quelqu'un est consentant qu'on à le droit de le blesser ou de le tuer, mais a-t-on le droit de se faire mal et si oui jusqu'à quelle échelle dans la douleur et la mutilation à t-on le droit d'aller? On voit que la question est réellement complexe et que les juristes, s'ils veulent légiférer sur la question, vont se mordre les doigts. Cette histoire en rappelle une autre encore plus sordide qui a eu lieu il y a huit ans ans et qui avait traumatisé toute l'Allemagne: celle du Der Metzgermeister (le maître boucher) ou encore du Cannibale de Rothenburg.

En 2001, Armin Meiwes, informaticien de son état, laisse une annonce lacunaire sur un site de rencontre sous le pseudonyme de Franky: "recherche personne prête à se faire tuer puis à être consommée". Peu de temps après, il reçoit la réponse de Bernd Jürgen Brandes, un ingénieur berlinois de 43 ans, qui affirmait vouloir être sacrifié. Jusqu'ici tout va bien, les deux homme se rencontrent, font l'amour ou quelque chose qui doit ressembler à de l'amour, puis nonchalamment Franky commence sa besogne, il découpe le sexe de son partenaire avec l'aide de celui-ci, puis commence à le faire frire; il en profite aussi pour filmer la scène.
La chose allait à bien par son soin diligent jusqu'à ce que tout se complique, Brandes tombe dans les pommes avant de se mettre à table. Armin Meiwes voit là l'occasion de l'achever, il découpe ensuite son corps en morceau et le cuisine à toutes les sauces. Résultat des courses, notre cannibale ingurgitera pas moins de 20 kilos de chaire humaine. Armin était peut-être trop gourmant, peut de temps après son méfait et alors que de la viande l'attendait encore au frigo, il a reposté une annonce semblable à la première sur internet. Des internautes consciencieux et effrayés ont alerté les autorité qui ont découvert les restants de Bernd Jürgen Brandes dans le frigo.

En janvier 2004, la défense de l'accusé a réussi à faire reconnaitre la définition d' ”homicide sur demande” par un tribunal de Kassel, ce qui a permi à Armin de s'en tirer avec seulemnt 8 ans de prison. . Mais, en avril 2005, la Cour fédérale allemande, estimant le verdict trop clément, a demandé un second procès. Il semblerait que le terme d' ”homicide sur demande” disparaisse du réquisitoire pour laisser place à celui d' “assassinat à caractère sexuel", ce qui n'est plus du tout la même chose. À 44 ans, Armin risque la perpétuité, le verdict est attendu en mars.


L'histoire a été adapté en 2006 par Martin Weisz dans Butterfly: A Grimm Love Story

Le fait divers a aussi inspiré la pièce Mein Teil (« mon morceau » ou mon penis en argot allemand) du groupe Rammstein.


1 commentaire:

Sébastien a dit…

Pourtant, l'autre était consentant. S'il veut mourir, ça le regarde.