mercredi 19 novembre 2008

Un après midi de chien avec JCVD


On avait deux craintes avec ce JCVD, la première et la plus légitime, était de tomber sur un film formaté pour la génération Youtube, soit une suite de gags mettant en scène les meilleurs moments des déboires télévisuels de Jean Claude Van Damme (JCVD). La deuxième, peut-être tout autant légitime était de se retrouver face à un film humain, vrai, sincère, un film à coeur ouvert, genre film de parents d'élèves, moribond.

Mabrouk El Mechri tente plutot le pari de la comédie dramatique facon cinéma vérité. JCVD est à ce propos un hommage sans réserve aux documentaires belges Strip Tease - références télévisuels ultimes outre atlantique - qui met en scène le plus populaire enfant du plat pays depuis la mort de Jacques Brel et l'enfermement du pédophile Marc Dutroux.

Mélange de fiction et de faits réels JCVD offre surtout la chance à son principal protagoniste de se montrer sous une autre facette que celle de l'acteur corrompu par Hollywood. Pour ce qui est de l'intrigue, Jean-Claude quitte les États-Unis après un énième nanar qui ne lui a même pas permis de payer ses frais d'avocat censés régler ses déboires conjugaux. Ce procès est un échec, il perd la garde de sa fille, son argent et son honneur. Arrivé en Belgique ou il cherche un peu de repos auprès de sa famille, JCVD entre dans un bureau de poste mais se retrouve pris en otage par un commando d'amateurs. Comble du sort, les médias et la police ayant eu vent de ses déboires pensent qu'il est l'auteur de la prise d'otage.

"Le temps et les heures avancent à travers la plus mauvaise journée" répète laconiquement un interstice du film. Cette citation tiré de Macbeth de W. Shakespeare fait ici plus référence à Un après midi de chien de Sydey Lumet, qui relate aussi un braquage de banque avorté mais qui a surtout consacré Al Pacino comme acteur notamment pour son courage à jouer un personnage ouvertement homosexuel. On peut ici faire le parallèle avec le courage de JCVD qui ose l'introspection plus que la véritable mise à nue comme on aime le répéter chez les critiques ciné. avisés. Jean-Claude face caméra est un acteur au bout du rouleau qui tire derrière lui comme un boulet des égarement sémantiques dont toute la planète rie. Ce sont les médias qui l'on rendu célèbre, ce sont eux qui l'on détruit et ceux sont eux encore qui lui refusent le bénéfice du doute et qui le considèrent comme l'auteur du braquage. Cela fait une trop belle histoire. un peu comme la course poursuite d'O.J Simpson. La prise d'otage retransmise en directe à la télé permet d'ailleurs aux chaines de télé de s'en donner à cœur joie et d'en profiter pour montrer les pires moments télé de JCVD témoins de sa descente aux enfers. Le passage où les otages, regardent les flash d'information, rient de ses frasques télévisuels et de ses interviews ubuesques est un régal, il témoignent aussi du recul qu'à l'acteur sur sa personne et sur ses moments d'errance cocainés.

Van damme avouera que c'est le travail en amont du réalisateur Mabrouk el Mechri, les relations d'amitiés et de respect qu'il a su tisser avec lui qui lui ont permi de descendre autant dans son propre personnage. L'acteur attendait ce moment depuis longtemps, lui qui révait de faire soi un film de studio soi un film d'auteur. Avec JCVD il est probable qu'il rejoigne la petite cohorte des acteurs réhabilités par le cinéma d'auteur. À cet égard, on ne peut que lui souhaiter une fin de carrière à la Bill Muray




JCVD le film, site officiel
Entrevue de Mabrouk El Mechri pour Technikart
À fond la caisse, un classique de Strip Tease

1 commentaire:

Anonyme a dit…

soit