dimanche 16 novembre 2008

Le retour de Noir Désir et la pastorale journalistique


Noir désir, le plus grand groupe de rock français reviens sur le devant de la scène et propose deux de ses nouvelles chanson en téléchargement libre sur son site. On était beaucoup à attendre ce moment avec impatience, tout en sachant à quoi il nous exposerait: un florilège d'articles bien-pensants écrit par des parangons de vertu. On le savait, des dizaines de vertueux faiseurs de morales qui n'avaient pas du tout suivi le procès et les faits (une bataille entre deux amants ou les deux se sont donnés des coups violents) allaient déverser leur moraline pour le bien de la cause féminine (mais surement pas journalistique).

Partout dans les journaux, les mêmes qui parleront plus tard, dans un article à tendance sociale, du besoin de réhabiliter les prisonnier ne peuvent s'empêcher ici de se poser des questions qui dans leur vulgarité renie le principe même de réhabilitation.
"Un artiste a-t-il le droit d’être un salaud? Un chanteur, a fortiori célèbre, peut-il se démarquer d’un crime qu’il a commis jadis?" "Les responsables de ce groupe pensent-ils à la douleur de la famille de Marie Trintignant ?"

Toute la francophomie s'est senti interpellée par la dimension du débat éthique. Au Québec comme ailleurs, on s'est demandé avec Rima Elkouri si un artiste engagé comme Bertrand Cantat pouvait encore donner des leçons de vie ou même avoir des convictions. En effet, les deux chansons téléchargeables sont comme de coutume chez Noir Désir très ancrées à gauche. Le temps des cerises est une chanson mythique du socialisme français depuis la commune de 1871 alors que Gagnants - Perdants est une « réaction au contexte actuel, politique et humain dans toute l'acceptation du terme»

Pour Rima Elkouri, comme la plupart des journalistes, Noir désir c'est finit, pas de réhabilitation possible. Elle n'arrive plus à écouter, elle ne boycott pas le groupe, c'est plus viscérale encore (la fameuse intelligence du ventre?) Et pour pas qu'on ne l'accuse de trahison à la cause des femmes battues elle prend bien soin de s'excuser 3 ou 4 fois d'avoir télécharger ces 2 chansons. Elle le jure elle a un profond malaise à l’écouter, elle le jure, elle pense à la morte dans le placard.
"J'ai donc écouté, fébrile. Et puis? Un seul mot: malaise. Que Noir Désir, après cinq ans de mutisme forcé, ait voulu renouer avec la musique, tant mieux. Ce qui me gêne, c'est le ton, c'est le propos équivoque dans la chanson Gagnants/Perdants. On y entend un Bertrand Cantat débarquer en donneur de leçons."

En effet, un homme qui a commis un crime ne devrait plus avoir d’idées, plus de luttes à mener, tout cela aurait été dissout par son pêcher.Lui qui n'a déjà plus le droit de vote n,a maintenant plus le droit de faire ce qu'il a toujours fait: chanter ses idées. Bertrand Cantat a payé sa peine, il n'a jamais minimisé ou nié ses actes et selon les enquêteurs il a toujours maintenu la même version des faits: lui et sa compagne se sont battus, il y a eu échange de coups et il a tué sa compagne. Comme le dit très bien Bernard Comment en préface de Nous N'avons fait que fuir "Le tragique est survenu avec sa part d'irrémédiable. D'aucun voudraient tout effacer. Je crois au contraire que le propre de l'homme, ce qui le fait grand, est la mémoire, ou l'on regarde le pire et le meilleur. Il le rend plus problématique. À chacun désormais, de faire son usage de la mémoire."

Peut-on se demander maintenant pourquoi les artistes seraient les seuls personnes que les journalistes ne voudrait pas voir être réhabilités à leur sortie de prison?

Noir Désir, Noir malaise, Rima Elkouri, La presse
Noir Désir, le site officiel

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