jeudi 20 novembre 2008

Christine Lachapelle: Kerouac est un blogueur

Christine Lachapelle fait tout ce que nous n'aimons pas: elle écrit à la première personne, elle écrit sur elle et sur ses soirée d'errance de jeune urbaine mi-branché mi-fauché qui finissent bien souvent à vomir dans les poubelles, mais Christine nous pousse à lire ses articles, elle nous rend accroc à sa vie, pourquoi? Tout simplement parce que Christine a du talent, beaucoup trop de talent . Elle a tellement de talent et de facilité à écrire qu'on lui en veut. Les gens talentueux provoquent toujours chez les esprits vils les plus basses réactions.

Si les éditeurs n'étaient pas devenus aussi cons que les galeristes d'art contemporain - toujours en train de chercher l'écriture conceptuel ultime, le degrés zero de la prose - ça ferait longtemps qu'ils lui auraient demandé de faire un recueil de ses meilleurs bulletins. Mais bon, ce petit monde rechigne à trouver quoi que ce soit d'intéressant dans cette nouvelle culture de soi qui grouille sur internet. Trop impudique, trop exhibitionniste, trop peu littéraire sûrement. Trop pas assez au salon du livre à s'ennuyer avec des gens qui aiment la Culture...

Il faut lire les États unis en pouce sur son blog pour saisir toute l'urgence qui contamine son écriture
Je me demande si ça vaut vraiment la peine. Tout ce que je fais. Tout ce que je vis. Tout ce que je fais exprès d'endurer, pour raconter une bonne histoire, une bonne conversation. On ne m'interrompt pas quand je parle. Encore moins quand j'écris.
Christine est une Beat 2.0. Comme chez Kérouac, son écriture est intense, rapide, concise et surtout insubordonnée à la tradition littéraire ou aux théorisations formalistes qui plombent l'écriture contemporaine. Comme Kérouac encore, elle écrit une autobiographie avec la même urgence féconde et le même dilettantisme propres aux vagabonds curieux. «Les seuls gens qui existent sont ceux qui ont la démence de vivre, de discourir, d'être sauvés, qui veulent jouir de tout dans un seul instant, ceux qui ne savent pas bâiller» rappelle Sal PAradise, l'alter ego de Kerouac dans son roman.
Je suis convaincu que Sur la route aujourd'hui serait écrit sur un iphone ou un laptop plutot que sur un long rouleau de papier et que Kerouac serait un blogueur
Il n'est pas venu me dire au revoir à l'arrêt d'autobus. Je ne sais pas pourquoi. J'ai pleuré, j'ai pleuré, et ensuite j'ai réalisé que son ami était dans l'autobus avec Evelyne et moi. Avec lui, j'ai pu quitter de San Francisco plus facilement. Je n'étais plus victime de seperation anxiety. Il est resté avec nous jusqu'à Chicago, tout de même. Un très beau garçon avec des tatouages, un mohawk passé à l'eau de Javel et des petites bouteilles de méthadone.
Si un jour Christine publie, j'aimerais avoir le privilège d'écrire la préface de son livre.

Au moins on a un blog

7 commentaires:

Nayrus a dit…

Et encore! Elle est encore mieux en personne!

Anonyme a dit…

Oh my god, j'ai failli m'étouffer devant ce si petit écran. Hah-hah-hah!

Crachapelle! a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
L'AUTRE. a dit…

C'est bien malheureux, à peine voudrions-nous ne pas être d'accord que l'on serait considérés du coup comme vils, bas, jaloux et agenouillés, aveugles, aux salons; du livres et des autres, priant sous l'ombre débile de ce que vous appelé la [Sainte] Culture.
Pourtant, il y d'aussi bonnes raisons de s'opposer à cette tout aussi sainte culture dont vous faîtes l'éloge, et dont, ne l'oublions pas, vous faîtes parti.
Aussi, il suffirait d'être quelque peu attentif pour voir que ce que les éditeurs publient ces temps-ci, ce qui est d'ailleurs présenté à ces salons, à quelques exceptions près, est exactement ce que fait Mlle. Lachapelle: sa petite affaire privée. Du reste, Kerouac faisait tout le contraire, et à l'époque (époque littéraire, aussi) qui était la sienne. C'est dire la valeur de ce que vous défendez, hissez illégitimement;"faire du Kerouac"; même Kerouac, aujourd'hui, ne ferait pas du Kerouac. Aussi, nous ne tendons pas à juger le talent de Mlle; il s'agit de bien autre chose, parce que le talent, le talent, bien des écrivain n'en avait pas, de très grands écrivains, Kerouac le premier. Il s'agit de travail, de vision, d'intelligence (pas au sens commun du terme); disons même qu'écrire c'est allé contre le talent qu'on a ou non; se battre.

Aussi, "L'écriture contemporaine", mais de quel écriture voulez-vous bien parler mon pauvre ami, c'est comme si vous disiez: les juifs, les noirs, les bourgeois, les classes les plus défavorisées, l'homme de la rue, etc. Je dirais davantage, c'est vos écritures (la votre et celle de Mlle. Lachapelle) qui est plombée de FORMALISME, littéralement. Tant de lieux communs, journalistique ou pas, tant de lapalissades, le même verbiage creux du romantisme des temps modernes (dans combien d'articles puants, sur des livres tout aussi puants, ces quelques mots : "...pour saisir toute l'urgence qui contamine son écriture...", ont-ils étés contractés). Des FORMES creusent; contrairement à la Culture, à Mallarmé (ce soit disant formaliste), à Céline, à Saint-Simon, à La Fontaine, à Robbe-Grillet, à Rabelais, à Roussel, Gombrowicz et j'en passe, naturellement. C'est d'ailleurs ce contre quoi se bat la véritable littérature, L'Alittérature comme dirait l'autre, contre les truismes merdeux; pensez simplement à Sarraute, Bloy, à Flaubert qui en est mort!...
La facilité à laquelle vous cédez est tout à fait simple; au nom de je ne sais quel enthousiasme mesquin, vous opposez à ce que vous aimez tout ce que vous n'aimez pas, en bloc, tout en ayant une idée absolument vague des deux choses, vague dont votre style apparemment encré, dirais-je plombé, ne trompe pas. (Aussi, rappelons ceci parce que c'est si beau, si sublime et pourtant, malheureusement, si général, autant dans les salons qu'aux états-unis sur le pouce: " La plupart des hommes ont de la poésie une idée si vague, que ce vague même de leur idée est pour eux la définition de la poésie. " Valéry.)
En plus, qui a dit que le talent épargnait les esprits vils et bas de l'être, il me semble que c'est le lot de tous.
Enfin, terminons avec ceci, qui a-t-il de plus péjorativement formaliste que: premièrement, d'être publié et, deuxièmement, d'écrire une préface. Et le privilège!... Et puis quoi encore.
POUAH!...
C'est pour moi un grand privilège de me plaindre de l'horreur abominable (identique à Raphaëlle Germain, à Marie-Sissi Larèche, à Guillaume Vigneault, à Mathyas Lefebure, etc, etc.) qu'est La Petite Affaire Privée, La Petite Histoire Personnelle de Mlle et des autres.
Vous vous prenez pour qui, le vieux Hank? Mais il ne s'agissait pas de lui, et, en plus, la boucle, il l'a bouclée... Pas la peine de recommencer... La boucle se passe très bien des millions de doubles que vous lui imposez.

Maintenant, suffit!...
Il y a bien des limites à s'opposer à ceux qui n'en ont cure.

Cordialement, avec le sang et tout,

Lui-Même.


N-B: L'anonymat n'est que désir d'impersonnel. Manifestez-vous et je me manifesterez à mon tour, sans visage sans rien, inutile; vil, bas, et tout, et tout...

Fabien Loszach a dit…

Si j'avais des idées, J'acquiescerais, mais malheureusement je suis un homme de bien peu de conviction. Je m'interroge d,ailleurs aussi sur mon humanité, mais ça c'est un autre problème.

Je ne fais l'éloge d'aucune culture, Je déteste ce mot presque autant que le mot Enfance par exemple... Je dirais même que quand j'entends le mot Culture, je sorts mon revolver.Non ce n'est pas une citation d'Alfred Jarry, même si le comique aimait beaucoup les armes à feu.

Je N'aime ni les enfants, ni la culture, mais je suis ouvert au dialogue. Appelez moi.

fabienloszach@gmail.com

Nayrus a dit…

Moi aussi, j'aimerais avoir un lecteur fidèle qui prenne le temps de suivre toutes mes péripéties, sur mon site ou ailleurs, et qui, de sa plume magnifique, discrédite tout ce que je fais.

celui. a dit…

Oubliez...

C'est simplement que l'on meurt à naître dans un désert, un désert où il ne reste que la mauvaise foi des hommes, leur mauvaise foi et leur beau sentiment de justice.



Bravo pour votre travail de journaliste...
sincèrement.