mercredi 29 octobre 2008

Une idéologie coûteuse


Dans un texte au titre explicite (Une opposition coûteuse) publié aujourd'hui dans La Presse , Françoise Bertrand, directrice générale de la Fédération des Chambres du Commerce du Québec, jouait les Cassandre en expliquant que si les projets d’envergures tel que la transformation de l’échangeur Turcot et la modernisation de la rue Notre Dame n’aboutissaient pas, Montréal risquait de perdre de sa force et de sa richesse au profit de sa banlieue. "Ces deux projets sont devenus indispensables au développement de Montréal et même à une approche plus intégrée des divers mode de transport dans la métropole".

Peut-être faudrait-il lui rappeler en premier lieu qu’il ne sert à rien d’utiliser des mots aussi vides qu’approches intégrées pour nous vendre d’aussi mauvaises idées. Mauvaises et vieille idées qui n’ont de modernes que le nom (le baratin des urbanistes et des spécialistes de la communication permet se genre d’entourloupettes sémantiques). Cette vielle mauvaise idée pourrait se résumer dans l’équation suivante : plus de routes = moins de congestion. Pourtant des études sérieuses, plusieurs fois cités dans ce journal ont démontrés que l’augmentation du domaine routier ne fluidifiait en rien le réseau, bien au contraire, ce serait même plutôt l’inverse que l’on constaterait. Hélas, que peut la recherche empirique contre une équation qui fait appel au gros bon sens?

Pour revenir à la rue Notre Dame, il semble clair qu’elle ne deviendra jamais un boulevard urbain et que sa transformation n’aura rien d’une modernisation (exemple de baratin), pire, elle nous ramènera 40 ans en arrière. La rue Notre Dame va devenir l’Autoroute Notre Dame, une 4 fois 4 voix, avec, comble de la pensée écologique une voix réservée aux transport en commun… Quand aux citoyens, ne leur faisons pas croire qu’ils seront les grand gagnant de l’affaire. Il est bien évident que la valeur de leurs maisons n’augmentera pas avec une autoroute à proximité; ce qui augmentera à coup sur, et les experts sont d’accords, c’est le nombre de problèmes de santé (maladies respiratoires, cardio-vasculaires, allergies, etc)… Doit-on, pour finir d’enfoncer ce projet, souligner que Montréal est peut-être la dernière ville du monde qui pense à construire une autoroute sur une rive jonchant un fleuve aussi important à son histoire.

Beaucoup de spécialistes d’obédience écologiste (excusez ma grossièreté) ont suggéré de prendre une tangente alternative dans ce dossier. L’idée peut paraître folle, mais elle est maintenant partagée par la plus part des grandes villes européennes (celles que l’on cherche justement a imiter pour fonder la métropole culturelle) : pour fluidifier les transports, il faut réduire le nombre de voix réservées aux autos et aux camions. Une hérésie? Oui, et une hérésie qui doit se conjuguer avec une augmentation du transport en commun et une interdiction de circuler dans le centre ville.

Êtes-vous prêtes à changer de siècle madame Bertrand?

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