lundi 4 août 2008

[●REC] et les films camera embarquée

La phrase clef de [●REC] (2007, Paco PlazaJaume Balagueró) "We have to tape everithing Pablo, for fuck's sake", rappelle que ce petit bijoux de film espagnol à petit budget est autre chose qu'un énième film de vampire/zombie, mais bien plutôt une fable bruyante sur notre rapport à l'image et à la médiation télévisuelle. Si notre monde est prit dans la spirale inflationniste du tout voir, il faut par conséquent tout filmer. Cela suppose unequestion: jusqu'à quel degrés dans l'horreur et le danger l'homme est-il capable de tenir sa camera video?

[●REC] s'ouvre tout d'abord comme un film camera embarqué dans la veine du Projet Blairwitch ou du plus récent Cloverfield, une jeune reporter et son acolyte cameraman font un reportage ennuyant dans un caserne de pompier barcelonaise. Rien ne se passe, on joue au basket jusqu'à ce qu'un appel anodin déclenche la réaction en chaine dramatique nécessaire au propos du film. Très vite quelques protagonistes aux tempéraments bien distincts typique du film de survie (tout y est, le flic autoritaire qui veut couper la camera, un peu facile sur la gachette, le pompier plein de bravoure, le quinqua célibataire raciste, la famille immigrée, il manque juste le couple homosexuel) se retrouvent dans un huit clos (typique encore), emmurée par les autorités dans un immeuble en luttes avec des zombies...

Pourquoi si tout semble si anodin, crier au génie? Tout d'abord pour la réalisation elle-même; ayant sûrement eu moins de contraintes d'ordre scénaristique que ses frères de sang hollywoodien, [●REC] laisse plus traîner sa camera et offre de long plans séquences où la parole prend le temps de devenir signifiante. Trop de films d'horreurs oublient l'importance du verbe. Bien évidemment, au fur et à mesure que la contamination se propage entre les habitants de l'immeuble, le verbe se fait plus onomatopée pour finir, comme de juste, en cris épars.
Rec n’invente peut-être rien, mais à la différence d'un Cloverfield par exemple on peut dire qu'il laisse de la place... Il laisse la place à l'horreur de s'installer et ne noie pas le spectateur sous la charcuterie bon marché d'un Provigo. Paco Plaza et Jaume Balaguer on compris que ce qui compte ce n'est pas tant de montrer une certaine quantité de footage Gore, mais de filmer comment les protagonistes cherchent à en perdre le moins le plus tard possible. Ce n'est pas une posture conservatrice, si on veut se gâter, il reste toujours les mauvais derniers films de Romero.

Dernier coup de génie, pour la promo, les producteurs de [●REC] on eu la lumineuse idée de montrer non des images du film, mais la réaction du public dans une salle de cinéma.





Les films camera embarquée

Les films Camera embarqués sont un genre en soi, ils se présentent généralement sous la forme d'un film documentaire trouvé après le drame et rapportant l'horreur. ce n'ets pas le sprotagonsites, mais l'appareil vidéo qui livre la vérité d'éléments tragiques. Films générationnels vous dites? Retour en arrière.

Cannibal holocaust, 1982 Ruggero Deodato

C'est Ruggero Deodato qui invente le genre camera embarqué pour ce qui restera un classique devant l'éternel des films gore. Deodato voulait renouveller un peu le genre des Mondo Cannibale (série de films portant sur les cannibales) très prisés à l'époque; pour se faire il pensa à donner un effet de cinéma vérité à son opus. Le fil narratif de cannibal holocaust repose sur la découverte par une équipe de secourt d'un film ayant appartenu à une expédition ethnologique partie filmer des tribus cannibales en Amazonie. Le film fut scandale pour plusieurs raisons: voulant jouer à la limite du réel, Deodato a un peu trop laissé plané le doute autour de la véracité des images: doutes qui lui on vallu de se voir saisir son film par la justice (jusqu'à ce qu'il prouve que l'actrice décapité soit encore en vie...). Le film fut interdit dans plus de 60 pays, ce qui en fait encore aujour'hui le film le plus censuré de l'histoire du cinéma. 
Attention, la suite arrive...
Anecdotes sur le film


The Blair Witch Projecth, 1999 Daniel Myrick, Eduardo Sánchez

Octobre 1994, trois étudiants disparaissent dans les bois du Maryland, un an plus tard on aretrouvé leur camera-vidéo. Ça vous rappelle quelque chose? Même s'il emprunte à Cannibal Holocaust son synopsis, The Blair Witch Project trailer n,entre jamais dans le gore et crée plutot l'effrois en demeurant suggestif. Au final, un succès monstre pour un film qui aura couté des peanuts, peut-être le plus gros succès du cinéma américain au regard de l'investissement initial.

Diary of the Dead - 2007, George A. Romero

Des Zombies reviennent à la vie, Romero s'approche de la retraite, plus d'imagination, plus de vie... Ça peut paraître paradoxale mais il en faut pour faire des films de zombie. Le public est unanime ce film est décevant. Difficile de renier ses légendes, mais là on a atteint un point de non-retour.

Cloverfield, 2008 Matt Reeves

Malgré une bande annonce très forte qui avait crée beaucoup d 'attente , Cloverfield a déçu: scénario peu reluisant, acteurs unidimensionnels, monstres passe-partout et filles hystériques. La décapitation de la statue de la liberté vaut le film, heureusement elle est dans le trailer.

2 commentaires:

Clara Bonnes a dit…

"Si notre monde est pris dans la spirale inflationniste du tout voir, il faut par conséquent tout filmer."

L'attitude du "tout filmer", du tout documenter, semble effectivement caractéristique de notre époque. L'image documente la réalité au point parfois d'en éclipser l'expérience directe. Ça me fait penser aux touristes qui se promènent dans la rue une caméra vidéo à la main, les yeux rivés à l'écran LCD. L'expérience du réel se doit-elle d'être augmentée par la documentation pour être validée ? Et en quelle mesure la documentation joue-t-elle sur notre expérience du réel ?

Finalement dans REC, ceux qui survivent le plus longtemps sont les journalistes en processus de documentation live : les tous derniers à se faire tangiblement rattraper par l'horreur. Et plus la caméra donne des signes de faiblesse, plus les chances de survie s'amenuisent, jusqu'à ce qu'il ne reste aucun survivant.

Fabien Loszach a dit…

je suis assez d,accord avec toi, et je ne crois pas que l'inflation de documentation et d'archivage puisse donner plus de substance au vécu.