dimanche 9 août 2009

Le festivalier: un idéal du consommateur culturel moderne? (et un con)

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Il y a un an jour pour jour on écrivait ça sur les festivaliers, Aujourd'hui on les trouve toujours aussi cons (et laids).


Mis a part son air niais, c’est sa prétention à tout vouloir connaître sur le mode rapide d’un consommation accélérée qui fait du festivalier le véritable ennemi de la culture et du bon gout. Le festivalier est pourtant un stéréotype, un idéal, c’est l’enfant (unique) de la société du « il faut tout voir ».

L’enfant ? oui, l’enfant parce qu’un festival n’est pas pour les adultes, il n’est pas un espace de délibération ou des hommes prennent leur responsabilité pour agir dans l’espace social, non, le festival est le lieu du « fun », de l’amusement et du divertissement partagé et aussi un peu le lieu la musique. « Lâche toi un peu, t’es trop sérieux, profite ! » Le festival c ‘est le plein air, le grand bac à sable des adultes venus communier leur amour commun du dieu musical
Le dieu des festivaliers pourrait être Apolon, dieu de la musique, de la jeunesse, et de l'agriculture parce qu’un festival c’est aussi la boue et la terre. Pourtant Apollon ne fait pas tant l’affaire comme dieu tutélaire des amateurs de regroupement festifs ; en effet, Apollon est aussi le dieu de la connaissance et il semble assez évident que festival et connaissance sont deux termes contradictoires.

Et pour cause, ce n’est pas que chaque festivalier est un inculte, c’est plutôt que le mode d’accès à la connaissance et à la culture qui est valorisé par l’organisation même du festival est à l’opposé du mode classique de la manière de faire l’expérience d’une œuvre. À la réflexion concentrée sur une performance ou une œuvre, le festival propose plutôt l’expérience en série, la course d’un lieu à un autre pour saisir des moments de spectacles qui se chevauchent tous les uns les autres dans des grilles horaires surchargées. Comme l’écoute d’un clip sur youtube, tout doit aller vite, tout doit s’enchainer sans temps mort, il ne faut pas laisser retomber le « High. Il faut s’en mettre plein la vue. Le festivalier n’est pas un inculte donc, mais son mode de réflexion n’est pas analytique, il est plutôt référentiel : il retient des suites de noms, fait des regroupements comme des playlists et tente de faire des liens. Le festivaliers voyage dans son univers comme un bloggeur voyage dans le web 2,0 : il évince le contenu critique des œuvres et tisse des liens hypertextes. Le name dropping autrefois signe d’une culture personnelle devient pour l'heure une fin en soi.

Le festivalier n’a pas l’intention de partager une œuvre (L’artiste non plus, il fait ça à contre cœur parce que c’est lucratif), il ne veut pas prendre du recul sur les choses et ne tente pas d’analyser ce qu’il voit, il cherche plutôt à être présent en des lieux et des événements chargés symboliquement, des événements qui pourront lui permettre de dire plus tard « j’y étais », j’ai vécu ce moment. À cet égard il ressemble au touriste qui se fait photographier à côté des lieux « carte postale ». Voir les Stooges ou MGMT c’est être fixé à jamais dans la grande carte postale de la pop.

Savoir si il a aimé est une question trop insidieuse pour le festivalier, même si elle est posée mécaniquement par l’armée de doryphores qui habite ces lieux. « T’as aimé ? Malade ! » Le festivalier ne se demande jamais vraiment si il a aimé une performance. Pourquoi ? Parce que se poser cette question l’amènerait à effectuer quelque chose qu’il abhorre : exercer son jugement critique. Pour le moment son apparence de jugement critique ne se donne seulement que dans les termes de « cool » et « pas si cool », termes vastes et creux s’il en est. Il rejette le jugement critique parce que le jugement représente l’âge adulte et les responsabilités. Festivalier est un enfant hédoniste qui dit toujours « oui » et « Cool », c’est un hyperfestif, le nouvel idéal du consommateur culturel moderne.

(Version provisoire)

8 commentaires:

popo a dit…

De la part de l'artiste se produisant dans l'espace du festival, j'y vois plutôt la consommation incestueuse du spectacle de sa propre performance, de sa propre production. Il se gave de l'objet anesthésié réfléchit par la foule inerte, sans autre feedback que le "je suis là" sans durée, stimulation qui tourne à vide, centre d'une auto-projection qui se satisfait a elle-même, de la même mesure que le spectacle d'une explosion, d'un flash ou d'un film pornographique stimule stérilement.
Un espace vide, sans critique, ou le seul acte possible est "etre là", sans agir possible, sans fondement ni prolongement dans le temps.

Anonyme a dit…

c'est une belle réflexion mais un peu sectaire et négative a l'égard des concernés que tu appelles les "festivaliers", je pense qu'il ne faudrait pas négliger ce que représente aujourd'hui tous ces types de rassemblement a la grande heure de l'individualisme...Qu'on méprise ces gens ou non, ils restent témoins et acteurs d'un lien social, d'une minime manifestation d'émotion commune que tu le veuilles ou non...nous sommes clairement dans l'ère de Dionysos, feu Prométhée, qui aurait certainement tiré sur Jack Johnson...
peu importe

Fabien Loszach a dit…

Ton commentaire est interessant Mr Michel Maffesoli

Anonyme a dit…

merci Gilles L.

adrian a dit…

Salut Fabien, c’est très « cool » ce que tu écris. J’ai remarqué que c’est une version provisoire, mais j’espère que tu corrigeras tes fautes de frappe et de ponctuation, ça ne fait pas très sérieux. Peut-être j'exagère! J’ai hâte de lire tes prochains articles. Merci.

Patrick a dit…

Alors, vite vite.

C'est drôle, mais en te lisant, j'avais l'impression que tu parlais simplement du touriste.

Et puis, voir en séquence, hors cinéma, c'est directement Las Vegas. (Cf. Learning on Las Vegas.) J'ai l'impression que le festivalier voit des trucs sans en faire l'expérience, tout comme le touriste.

Le festivalier, une espèce du genre touriste?

+

Colonel Herzog a dit…

wow... pour moi tes parents t'ont perdu dans le festival de la perchaude quand t'étais petit.
Ou bedon t'as fait une indigestion de HotDog à St-Tite...

Me semb' qu'y a des choses plus révoltantes que des festivals, tu pourrais cracher ton fiel sur des cibles mieux choisies.

Au moins on peut dire qu'on l'a facile la vie, quand nos pires ennemis sont des "festivaliers".

M a dit…

Je suis allée à Osheaga et je n'y étais pas seulement pour me mettre les pieds dans le bac à sable. Ça a été pour moi l'occasion de voir ou de revoir des artistes que j'aime en prestation, et ça m'a permi d'en découvrir de nouveaux. La capacité d'analyse et l'esprit critique sont des caractéristiques qui se développent constamment et ce, même dans les festivals. Il suffit de s'inculquer le souci de les entretenir.