vendredi 8 août 2008

Hipsters : The Dead end of Western civilization ?


"Quand l'étroitesse d'esprit rage sur un concept qui n'en ait pas un."
Marianne Grenon
, correspondance personnelle.

Le Hipster, terme creux s’il en est, est en passe de devenir le nouveau bouc émissaire responsable de tous les maux de notre génération et du vide de sens qui frappe notre société. C’est en tout cas l’avis des redresseurs de tors d’Adbusters, le magazine anti marque qui est devenu une marque branchée depuis qu’ils vendent d des t.shirt et des chaussures. « The hipster represent the end of western civilization – a culture so detached and disconnected that it has stopped giving birth to anything new. »

Dans un article appelé sobrement « Hipsters : The Dead end of Western civilization », les activistes en manque d’action expliquent que depuis la fin de la seconde guerre mondiale, la culture occidentale à subit les assauts répétés de mouvements contre-cultures créatifs qui ont transformé les mentalités. Chaque génération s’est battue pour de nouveau droits et a fait successivement sauter les verrous idéologiques et esthétiques de la génération précédente. Avant l’histoire était en marche…
Cependant, explique l’essayiste, depuis que le punk a implosé et que le hip-hop a vendu son âme révolutionnaire, tous les courants contre-cultures ont fondu ensemble en un grand melting-pot transatlantique homogène qui constituerait le mouvement hipster. Outre que cette idée ne soit pas développée, elle témoigne d’un manque de regard sociologique évident. L’utilisation à répétition du terme de tribus urbaines par exemple pour qualifier les groupes qui se réunissent autour d’affinités culturelles commune prouve déjà qu’il n’y a pas une homogénéité de la sous-culture.

Après les jugements de valeurs classique sur le vide ontologique qui caractérise le Hipster, l’article d’Adbuster fait un inventaire des signes typiquement hispter - jean skinny, legging, fixed-gear bike, rayban, keffiyeh, v-neck american apparel - rappelant que ces objets confinent au conformisme. Encore une fois l’argument est facile, il faudrait toutefois rappeler qu’il est pratiquement impossible dans une culture de masse de ne pas se faire juger de conformiste. D’autre part, veulent-ils nous faire croire à Adbuster qu’il n’avaient pas compris que la mode était générationnelle et qu’à chaque génération appartenait son lot de marchandises?
Le hipster serait aussi quelqu’un qui s’approprierait différents styles provenant de plusieurs époques sans aucune cohérence et en toute superficialité. Quand il boit de la Pabst Blue ribbon ou fume des cigarettes Parliament, le hipster réutilise les codes prolétariens sans aucun égards pour la culture ouvrière. Pire, il utiliserait même ces codes pour se cacher et pour fuir sa condition trop aisée de petit bourgeois. Il faudrait peut-être rappeler que le hipster n’est pas le premier héro moderne à tenter de fuir sa condition, cela a commencé bien avant, par exemple, quand la jeunesse des classes moyennes et privilégiées américaine a cherché à se mêler aux noirs et aux jazz man dans ce que l’on a appellèé le mouvement Beat. Norman Mailer, dans un essai de 1957 intitulé The white negro avait tenté de faire une théorie du Hip (hipster), ce dernier expliquait-il trouve son origine dans le noir américain, « the hipster had absorbed the existentialist synapses of the negro, and for practical purpose could be considered a white negro. » le hipster a divorcé de la société, a rompu avec les nantis pour explorer les « impératifs rebelles du moi ». L’idéal du contact avec les milieux populaires ne date donc pas de hier.

Le hipster communique à l’apathie et à l’ironie, toujours sur les resaux sociaux, médiatisant sa vie par les blogs, archivant ses soirées par des milliers de photos. Il n’a aucune idée à défendre, et manque cruellement d’authenticité. Cela conduit notre civilisation à sa perte car il n’y a plus de forces vives et de jeunesse rebelles pour réénergiser le terreau social. La seule façon d’éviter la faillite sociale est pour le sjeunes d’abandonner cette existence vaine et de tout recommencer. Rarement une phrase n’a été aussi vide de sens. Les hipsters sont-il vraiment apathiques et nihilistes ? Il semble y avoir pourtant dans la nouvelle génération – outre sa tentation narcissique à se mettre en image – plusieurs idéaux profondément ancrés : culture écologique globale, un profond respect pour la création et la culture esthétique même si cela se fait souvent sur un mode lacunaire et comptable (name dropping). La nouvelle génération ou les hipsters sont aussi dans une relation esthétique à eux même et aux autre : recherche de plaisir et d’épanouissement, jeu plastique sur soi, relation sensuelles aux autres…
Mais enfin, de quoi parle-t-on quand on parle des hipsters ? L’article finit en se demandant pourquoi personne ne se définit comme un hipster. C’est tout simplement parce que hipster ne désigne pas un mouvement mais est un qualificatif au même sens que « cool », il signifie « branché » et il est difficile de s’affirmer branché sans paraître arrogant et prétentieux….

Photo: http://thefriendattack.com/

3 commentaires:

nobody a dit…

Pour infos, depuis 2002, quelques crevards pardon "slackers" ou "nerds" ont entamé le "sale boulot" : "casser les hypeux" pardon les "hipsters"...

Rappel_
http://casseurs.blogspot.com
http://www.syndicatduhype.com

en ce qui concerne l'actu des cassos et du SDH, ils organisent un festival en août contre les JO
et défendent deux livres_

"Vous êtes sur la liste ?" de Sagnard et "YEGG" de Black

karma a dit…

c'est amusant de vouloir réduire l'analyse d'adbuster au doux rêve d'un pseudo-réac pour mieux se confondre dans ce qui caractérise tous les trendyseemyfaceonlastnightpartyfluokrad2merde™ : l'incapacité de s'assumer en tant que rien au milieu d'un vide auto-marketé.

Fabien Loszach a dit…

Il n 'y a pas d,analyse dans le texte d'adbuster, juste une suite de lieux communs sur la culture jeune.
Pour le marketting, je te renvois à la conclusion du 2e article sur les hipsters, celui parlant de Norman Mailer.
Il faudrait aussi éviter les avatars dans unes discussion argumentée, sinon ça ne sert à rien.
Merci pour le "réac", ça me fait très plaisir.