jeudi 2 octobre 2008

TEKILATEX: de la hype à la honte


Après un album expérimental hallucinant et plein de promesses (ceci n'est pas un disque, 2002), et un deuxième opus (batards sensibles, 2004) qui les a fait rentrer dans la légende de la pop underground TTC (anagramme de Tido Berman, Teki Latex et Cuizinier) a déçu avec un album bâclé (3615 TTC) en 2006. Force ets de constater que sur ce dernier opus la fièvre n'y est plus et l'on a clairement senti les prétentions individuelles prendre le dessus sur l'esprit de groupe. Cachés derrière une rhétorique en accord avec les convictions de la droite française lors de l'élection présidentielle de 2007 -"On veut faire de la pop, on veut être riche, et exploser le top 50"- les membres du groupes ont perdu la base arty-hipsters qui avait aidé à leur ascension. En quelques mois à peine la belle histoire tourne à l'eau de boudin.

Tekilatex, l,icone du groupe, avec son projet solo désastreux (
Party de plaisir, 2007) a confirmé que certains membres du groupe, lui le premier, s'engageaient dans une pente savonneuse. La critique ne s'y est pas trompée (mis à part quelques fanatiques en manque de places backstage) et a accueilli mollement cette tartine sucrée et réchauffée artificiellement par la collaboration au chant d'une vedette des 80's totalement out (Lio).

Aujourd'hui, Tekilatex, dont les pièces sont quasiment absentes des dancefloor hype, écume les clubs de seconde zone et les festivals pour exercer son talent comme dj invité. Un peu de recul lui permettrait de réaliser que c'est là la dernière étape des stars déchues de la pop music contemporaine (avant d'être animateur de karaoke, de Bingo et représentant de boissons énergétiques) L'étoile tekilatex en solo sera passée aussi vite que la vague FluoKids, subissant même avant de s'éteindre le camouflet ultime, se faire remplacer dans le cœur des clubers par l'insignifiante Yelle, la nouvelle Lio génération tektonik (ta mère).

Tekilatex aux Foufounes Électriques (qui n'est pas un club de seconde zone) à Montréal ce vendredi 3 octobre dans le cadre de Pop Montreal.


Nuance

Il faut se méfier de l'eau qui dort, Teki revient aux sources sur le tube
The Raven Freestyle, les textes retrouvent de leurs forces (fuck, c'est bon!), mais dommage, ils demeurent empêtrés dans une dialectique égotique.
TekilaTex - That Raven Freestyle-(Zshare)


À lire la critique clairvoyante de Matthieu Clervoy.

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