jeudi 20 septembre 2007

Eastern Promises

David Cronenberg, Canada, 2007
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En mourrant sur un lit d’hôpital, une adolescente immigrée d’Ukraine laisse derrière elle, comme seule preuve de sa courte existence, une fille et un calepin contenant son martyr. Prenant soin de l’un comme de l’autre, la sage femme Anna Khitrova (Naomi Watts) découvrira bien vite tous les supplices que cette sainte moderne à du subir au sein d’une des plus notable famille mafieuse russe de Londres.
Candide, Anna entrera, contre les récriminations de son oncle, mais pour découvrir une vérité que l’on sait affreuse, dans le cercle d’activité de la famille. Elle croisera la route de l’énigmatique Nikolai Luzhin (Viggo Mortensen), homme de main de la famille et proche de fil héritier Kirill (Vincent Kassel). Le scénario écrit par Steve Knight (Dirty Pretty Things), révèle moins comme l’affirme ce dernier d’un intérêt pour le nouveau Londres cosmopolite que d’une peur de plus manifeste de la Russie et ces anciens pays satellites en occident. Le film transpire l’inquiétude qu’inspire un pays de plus en plus arrogant sur la scène politique et économique internationale. Un pays en plein boom économique mais gangrené par les mafias qui se sont enrichies en rachetant à bas prix un pays en pleine décrépitude après la chute de l’Union Soviétique.
Cronenberg reprend avec le personnage de Viggo Mortensen le credo qu’il avait abordé dans History of violence, soit un travail psychologique sur l’ambiguïté morale héro. Alors que dans History of violence, il est question de retour du refoulé, retour du mal et de la violence dans le calme de la vie quotidienne ; Cronenberg traite ici de l’arrivée de l’humanité dans un monde inhumain. Normal retour des choses, diront certains, il faut boucler la boucle. Difficile de ne pas trébucher quand on oppose comme ça innocence et violence, quand on joue autant sur les contrastes et les stéréotypes: la sage femme blonde (mais d’origine russe tout de même) en quête de justice et l’organisation criminelle par excellence, le Londres pacifiés/l’est Barbare, etc
La virtuosité du réalisateur qui n’est pas à son premier coup d’éclat relève pourtant le défit, même s’il succombe parfois à de petites tentations pop, dans ce film maîtrisé de A à Z. Viggo Mortensen s’affirme encore une fois comme un grand acteur et donne de superbes répliques à une Naomi Watts parfois un peu pâle.

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