mardi 23 octobre 2007

Control: Les affinités électives



Ceux qui avaient peur de l'infleunce MTV/U2 de Corbijn seront rassurés, l'exercice de style est bien plus qu’une suite de vidéoclips. Control s'attarde plutot à déconstruire avec souplesse le mythe Ian Curtis pour le reconstruire au sitôt dans la forme prosaïque du biopic. Oui, Control détruit le mythe de l’artiste romantique mélancolique et maudit qui se suicide par nihilisme. Le film de Corbin est avant toute chose l’adaptation visuelle du roman de Deborah Curtis Touching From A Distance (éditions Faber & Faber, sorti en 1995), épouse/veuve de Ian Curtis qui soutient que le leader de Joy Division n’est pas mort de rage mais de remord. Personnage plus oedipien que l’a laissé sous entendre la légende romantique qui entoure le panthéon des stars du rock, Ian Curtis était un prisonnier de la conjugalité, coincé entre un mariage précoce, une erreur de jeunesse et un amour passionnel. La femme au foyer, aimant, sédentaire, passive contre la femme libre, intellectuelle, passionnée de musique, aventurière. Il aime sa femme comme une mère et son amante comme une femme, et puis tout devient un peu trop compliqué. Ian Curtis se comporte comme un enfant en face de ses responsabilités, alors que ses textes sont chargés d’émotions…
«When routine bites hard, And ambitions are low, And resentment rides high, But emotions won't grow, And we're changing our ways, Taking different roads. Then love, love will tear us apart again. Love, love will tear us apart again»
… Il est incapable de prononcer un mot et pleure dans les bras de sa femme quand elle menace de le quitter. Corbijn a la bonne idée de ne pas transformer son sujet en image pieuse ou en icône, il filme plutôt les états d’âme et le chagrin. Même si la photographie est léchée et lumineuse, elle ne surexpose pas le héro, ce qui nous aurait paru paradoxal quant au propos.

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