samedi 27 octobre 2007

Nous les vivants


Roy Andersson, Suède, 2007

Roy Anderson (une histoire d’amour, chanson du deuxième étage) est surtout connu pour ces publicités au vitriol tout simplement géniales. C’est peut-être la raison pour laquelle son film se construit en une cinquantaine de petites séquences où dominent l’humour pince-sans-rire et l’absurde à la Tati. Mais Andersson n’est pas Tati, il aime moins le commun des mortels et préfère rire du quotidien des gens ennuyeux. Il y en a tellement paraît-il. Une fois j’avais fait de la soupe et ma copine de l’époque m’avait dit que ce n’était pas sexy la soupe et que j’étais ennuyeux. Ça va vite vous voyez l’ennui. Ça va tellement vite que parfois même, on veut rire des gens ennuyeux et on ennuie le spectateur.
C’est un peu le problème du film d’Andersson : il pourrait être bon, mais il est ennuyeux. On reconnaît parfaitement le style du réalisateur : grands angles où viennent se perdre des personnages plus déprimant les uns que les autres. Chaque saynète est un tableau cynique de plus ou domine les teintes de gris. L’humour quant à lui, doit servir à chaque fois à désamorcer la pesanteur de la situation. On comprend que ce ressort comique fonctionne très bien dans la publicité, dont le format est parfaitement adapté, mais cela devient vite lassant dans un long métrage. Les idées comiques s’épuisent à l’accumulation. Ici un vieux rachitique fait l’amour couché sous une énorme Europa coiffée d’un casque prussien. Elle crie tandis qu’il lui raconte ses ennuis bancaires. Voilà l’humour de la maison.
Les trop rares séquences de réelle poésie émergent quand Roy Anderson décide d’abandonner son cynisme de façade. Là, on le découvre, (la scène du mariage dans le train-maison) on le prend même en flagrant délit : il aime un peu les gens et cela ne nuit pas à son propos.

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