samedi 12 mai 2007

Concert - Daniel Johnston, Michael Gira


Ce samedi 5 mai était tout consacré a Daniel Johnston, poète maudit de l'underground auquel les plus grand artiste Kurt Cobain, Sonic Youth, Yo la tengo et Tom Waits entre autre ont rendu hommage. C est donc un euphémisme de dire que Daniel Johnston était attendu pour son show a la Sala Rossa, à Montréal, puisque ce dernier était sold-out depuis déjà 3 semaines.
Mais avant de voir ce mythe tragique s’incarner sur scène, le Kop shop, la galerie d art ouverte par un collectif de grafiteur au 111 Roy est, a eu la très bonne idée, pour nous faire patienter, d'organiser une mini exposition des oeuvres picturales de l’artiste. Même s’il est maniaco-dépressif, on comprend bien vite que Johnston n’est pas totalement étranger au réel ni aux logiques économiques. Il se promène tout au long de sa tournée avec une réserve d’œuvres sous le bras qu’il peut vendre assez facilement du fait d’une renommée qui n’est plus à faire et que le documentaire « The devil and Daniel Johnston » a finit d’établir. Les spectateurs en ont eu pour leur argent, puisque Johnston est même venu interpréter une chanson et faire quelques dessins pour les intimes.

Le soir, en première partie de Johnston, on a eu la chance d’entendre Michael Gira , ancien chanteur des Swans, et fondateur en 1990 du label young gods records, une tres bonne reference puisque l’étiquette a déjà produit: Devendra Banhart, qu on ne présente plus, Akron Family et Ulan Bator, un projet post rock expérimental de paris. Michael gira est aussi un écrivain tourmenté, proche parent de Murakami Ryu, en témoigne son livre « la bouche de Francis Bacon « sorti en 2003 aux éditions « Désordre Laurence Viallet. » On retrouve la fascination de gira pour l’anéantissement, le supplice et l’érotisme de l’humiliation accordé à une Folk lourde et lancinante aux accents parfois baroques. À la fin du show quelqu’un demanda à Michael Gira quel était son nom, il a répondit : Joseph Staline. Ecce homo.

L’existentialisme obscure de Gira a ensuite laissé place au mysticisme le plus total avec l’entrée sur scène de Daniel Johnston. L’homme est chancelant, nerveux et évidement malade, c’est un "homme desesperé" comme il le dit lui-même" qui livre ses convulsions au public. Son corps est ainsi traversé de spasmes permanents et l’on se demande comment ses mouvements approximatifs peuvent rendre des sons mélodiques. Pourtant c’est cette interprétation tragico-pathologique qui fait que l’on peut supporter ses textes à tonalité christique genre sectes millénaristes: l’amour, toujours l’amour (« Love can save you now) et le diable un peu. Une question m’anime en ce moment, comment se fait-il que notre contemporanéité encense autant les artistes qui évoluent à la limite de la santé mentale (Lautréamont, Jarry, Artaud, Syd Barret, etc) ? Y’aurait-il une sorte de voyeurisme de la transgression et du pathologique chez le public qui attendrait sûrement le coup d’éclat, l’hybris? Sûrement.

Apres une dizaine de chansons, 8 a la guitare , 2 au piano, qui nous ont appris que l’amour, justement, pouvait nous sauver ( c est sûrement vrai) Daniel se leve et s’en va" le public en redemande", c’est de rigueur, Daniel revient , tente de bredouiller 2 mots et livre « A Devil Town », que la foule reprend en coeur le concert est terminé.

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