lundi 19 mars 2007

Casback


Sean Ellis,UK, 2006

Si vous éprouvez un peu de curiosité devant l’attirante affiche de Cashback, sachez tout de suite que c’est un leurre et tournez les talons. Le premier long métrage du photographe Sean Ellis, (qui a rallongé la première version de son court métrage à succès - 2004) n’est qu’un énième teenmovie douteux qui n’apporte rien de nouveau au genre.

Sean Ellis aimerait sûrement être le nouveau Tod Solonz, mais pour cela, il faudrait qu’il arrête de lorgner sur la recette American pie à la sauce Art school confidential, car Cashback est un mauvais mélange des deux. Ben Willis, étudiant aux beaux arts (…) rompt avec sa copine qui part tout de suite dans les bras d’un demeuré à casquette. Le choc est tel qu’il n’arrive plus à dormir, il a donc beaucoup de temps pour lui. Après une « écartade philosophico-mélancolique » sur le temps libre, notre jeune sentimental rêveur et désillusionné décide de se faire employer au supermarché du coin, pour justement passer le temps.

À partir de ce moment, le film entre de plein fouet dans sa phase « entertainment » facile, et se met à cultiver les lieux communs du genre comique lourd. Ainsi, au supermarché, Sean rencontre tous les bonobos de services métastéréotypés : le manager surmotivé, libidineux et égocentrique, les Dupont et Dupont idiots et gaffeurs, l’ésotérique du Kung-fu et enfin la petite caissière Cendrillon moche, qui à le pouvoir de se transformer en un coup de maquillage magique en bonasse pas mal du tout.

On aurait pu s’arrêter là, on aurait juste eu un mauvais film, le problème, c’est que Sean Ellis a des idées, ou croit en avoir. Sean Willis, notre héro au cœur gros peut suspendre le temps, ce qui lui permet à lui, de dessiner ses modèles sous tous les angles, et au réalisateur de sombrer dans un esthétisme de mauvais vidéo-clip entre la pub Nivea et la série télé adolescente.
Perdu au milieu de ces plans au romantisme douteux, on se dit qu’on n’arrive pas à croire à la tristesse de ce pauvre Sean, à sa narration pathétique. Fait plus dérangeant encore, le caractère culturel de la fable est tellement gommé, la société tellement niée, qu’on n’arrive jamais à saisir où se situe l’action ; comme si le monde de l’université de Los angeles à Londre était le même. Sean Ellis photographe de mode reconnu a peut-être reproduit sur pellicule la triste neutralité du glamorama dans lequel il baigne depuis dix ans.

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