vendredi 16 février 2007

3615 adulescents attardés



Mon amie Mary Ann de New York me lache un message myspace ce matin : « ay! montreal! I'm coming to Montreal for the TTC show in a few weeks! are you going to be there? » Ca y est donc, le quatuor méta-mégalomane a réussi à être « important ». De là à prétendre qu’ils ont « révolutionné l’industrie du disque » et « influencé le monde entier » comme ils l’affirment de manière semi-hyronique dans la pièce Ambition, il n’y a qu’un pas...
Un pas que les critiques condescendantes franchissent un peu trop facilement. Pour le dire franchement, avec 3615 TTC, on est pas en présence de la bombe « batards sensibles » (2004) ni du très poétique « Ceci n’est pas un disque » (2002). Le groupe reprends la bonne vieille recette, (mais avec moins d’imagination dans les lyrics) : morceaux vulgaires (frotte ton cul par terre), attitude prétentieuse et suffisante (« Pas La Peine D'Appeler Je Ne Reponds Pas Au Telephone », excellent au demeurant), Bling-Bling de rigueur (« Turbo ») et s’engouffre même dans la beauferie adulescente (« Antenne 2 »). On le sait tous, difficile de ne pas être nostalgique quand on a presque 30 ans. C’est dur de vieillir en effet, surtout quand on s’habille encore comme un ado de 15 ans. Et puis, TTC c’est cool, ils ont donc le droit de faire dans le kitsch douteux. On pourra même le légitimer avec quelques lignes de Kundera : « Le kitsch, par essence, est la négation absolue de la merde ; au sens littéral comme au sens figuré: le kitsch exclut de son champ de vision tout ce que l'existence humaine a d'essentiellement inacceptable. » TTC, groupe intelligent par définition, a sûrement lu Kundera et compris l’essence du Kitsch ; ce voile de pudeur bien pensante que les idéologies utilisent pour cacher la merde de ce monde. Je rigole, bien évidemment. Imaginez un peu si Booba ou Vincent Delerme avaient fait une reprise d’Albator… Sûr qu’ils auraient été un peu plus nombreux à leur jeter de la merde au visage.
Point positif ; la musique et les beats restent tout de même assez riches, comme en témoigne le très beau « j’ai le son » ou encore « Turbo ». Orgasmic a encore fait des prouesses, tout comme Para One dont la production est toujours impeccable. Pour le dancefloor, on gardera le très bon « Une bande de mec sympa » produit par Modeselektor.

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